Professeur Raoult (Photo : DR)

La chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins décide ce vendredi à Bordeaux du sort du professeur Didier Raoult

C'est aujourd'hui que la Chambre disciplinaire de l'ordre des médecins va rendre sa décision concernant une éventuelle sanction contre le professeur Raoult. Ce dernier est accusé d'avoir enfreint le code de déontologie médicale dans le cadre des tests menés sur hydroxychloroquine.

Deux plaintes ont été déposées par l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône et le conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) suite à plusieurs signalements initialement effectués par la société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf). 

Accusation de manquement au devoir de confraternité 

Il est aussi reproché au Pr Raoult d'avoir enfreint, par sa communication, l'article 56 du code de déontologie, en "manquant à son devoir de confraternité" envers d'autres médecins. Ces plaintes ont été examinées par la Chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, composée de 8 médecins et présidée par un magistrat administratif.

Sa décision sera affichée à 16h00 dans ses locaux à Bordeaux mais sans les motivations, a-t-elle indiqué jeudi.

En cas d'infractions reconnues, la chambre pourrait prononcer contre l'actuel directeur de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU) une sanction allant d'un simple avertissement à une radiation, en passant par un blâme ou une interdiction temporaire d'exercer.

Présent début novembre devant la chambre par "respect pour cette institution", Didier Raoult, à la retraite depuis le 31 août comme professeur d'université praticien hospitalier, s'était estimé "pas concerné" par d'éventuelles "sanctions".

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A ce jour aucune victime du traitement du Pr. Raoult n'a été recensée 

"Ce sont les médecins qui se plaignent de nous, pas les patients", avait-il lancé à l'avocat des plaignants, assurant avoir reçu "plus de 600.000 patients" au sein de l'IHU durant la crise sanitaire, "sans aucune plainte" de leur part.

Il avait défendu "la réussite" de son traitement conjuguant hydroxychloroquine et azythromicine pour traiter les malades du Covid-19, malgré l'absence d'effet prouvé aujourd'hui encore.

Son avocat Me Fabrice Di Vizio avait plaidé le rejet de la procédure, demandant à l'instance disciplinaire "qu'elle déclare les plaintes irrecevables".

Enfin, le 4 novembre, c'est le ministre de la Santé Olivier Véran et sa collègue de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, qui ont demandé à l'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche de mener "une mission de contrôle" à l'IHU.

Le Pr Raoult ne devrait rester que quelques mois à la tête de cet institut, qui a enclenché depuis une semaine le processus de sélection d'un nouveau directeur, sans toutefois donner de date précise de prise de fonction.

Le Pr Raoult va porter plainte pour diffamation après les accusations d'essais cliniques irréguliers

Après les accusations de Mediapart selon lesquelles des résultats d'essais cliniques auraient été falsifiés, le Pr Didier Raoult a annoncé que l'IHU allait porter plainte pour diffamation et violation du secret médical.  

Dans une vidéo publiée sur la chaîne Youtube de l'IHU Méditerranée, le Pr Didier Raoult a annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation et violation du secret médical à l'encontre de Mediapart. Le Pr Raoult reproche à Mediapart d'avoir utilisé des dossiers de malades pour s'en servir "à des fins différentes de la médecine". "Des dossiers ont été transmis par je ne sais qui", s'est agacé le Pr Raoult ajoutant que son propre dossier et celui de sa femme ou encore d'autres de ses collègues avaient "été violés". "J'espère qu'il y aura une enquête nationale qui va mettre fin à cette histoire", a commenté le Pr Raoult.  
 

Dans une série d'entretiens anonymes que Mediapart s'est procuré, "plus d'une dizaine" de biologistes, médecins, internes ou assistants exerçant à l'Institut hospitalo-universitaire du Pr Raoult auraient dénoncé des "pratiques scientifiques et éthiques regrettables" concernant les recherches sur l'hydroxychloroquine. Ils affirment que les résultats biologiques de l'étude sur l'hydroxychloroquine ont été falsifiés afin d'aller "dans le sens de Didier Raoult" : le seuil de positivité des tests PCR a été modifié rendant ainsi négatifs un plus grand nombre de résultats pour les patients suivis à Marseille et permettant, de la sorte, de conclure à l’effet bénéfique de l’hydroxychloroquine, explique Mediapart.

Didier Raoult et l’hydroxychloroquine : l’Ordre des médecins lui inflige un «blâme»

La chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins a rendu sa décision ce vendredi : elle inflige un blâme au directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU), estimant qu’il avait enfreint le code de déontologie médicale en faisant une intense promotion de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19.

La sanction pouvait aller d’un simple avertissement à une radiation, en passant par un blâme ou une interdiction temporaire d’exercer.

Réaction du camp du Professeur Raoult suite à la décision de la Chambre disciplinaire 



« C’est une décision qui ménage l’honneur de tous. Je peux continuer à faire mon métier et le conseil de l’Ordre ne se désavoue pas », a réagi auprès du Parisien-Aujourd’hui en France ce vendredi soir Didier Raoult, sur un ton d’apaisement. « Si ceci peut ramener de la paix, c’est bien », a également réagi celui qui dirige toujours l’Institut hospitalier universitaire (IHU) de Marseille