Entretien avec François Baraize, colistier de Christophe Cavard pour le Bien Commun aux régionales 2015.

Régionales 2015 : entretien avec François Baraize, coopérateur du Bien Commun avec Christophe Cavard

Trois questions à François Baraize, ancien d’EELV qui, las des traditionnelles manœuvres d’appareils ou de politicards politiciens, a co-élaboré avec le député Christophe Cavard, la liste du Bien Commun présentée aux élections régionales en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. 

Entretien...

Avec le député Christophe Cavard, vous avez concocté une liste intitulée le Bien commun que vous avez qualifiée d'OVNI, quesaco ?

"Le bien commun est le nom que nous avons donné à ce mouvement, cette coopérative politique, comme nous l'appelons, qui réunit des écologistes, des coopérateurs, des militants des quartiers défavorisés, des zones rurales oubliées, des activistes de la lutte contre les discriminations, contre l'injustice sociale, des dirigeants d'entreprises solidaires et de coopératives. Des gens qui viennent de culture différente, d'histoires différentes, et qui pensent tous que cette diversité culturelle, cette mixité, est aujourd'hui essentielle pour relever les défis d'une crise politique qui s'ajoute aux crises écologiques, économiques, sociales. C'est un ovni, parce qu'un tel rassemblement est inédit, qu'il ne ressemble à rien de ce qui a été fait auparavant. C'est un rassemblement de l'écologie populaire, un mouvement qui donne la place aux mouvements sociaux pour qu'ils accèdent à l'institution et portent leurs combats dans la République. Alors que, la plupart du temps, ces acteurs sont laissés aux marges de l'institution, aux marges des places éligibles, aux marges de la politique. C'est une liste d'habitants engagés, hors des partis, sans l'appui déguisé des moyens d'une collectivité.

A 48h du scrutin, comment appréhendez-vous ces élections ?

Les élections s'annonçaient compliquées, avec un calendrier très défavorable, juste avant les fêtes de Noel. Pas le meilleur moment pour un appel aux urnes. Les attentats ont rendu les choses encore plus compliquées, et la campagne très difficile. On appréhende sans appréhension, mais avec beaucoup de questions sur la participation, et, bien sûr, sur le travail que l'on fait. C'est peut être l'une des dernières fois où une aventure politique comme la nôtre peut exister sans être laminée par le chantage du risque FN, qui verra les partis traditionnels exercer encore plus de pression sur une liste indépendante comme la nôtre. Ou qui les verra s'effondrer sous le poids de leurs contradictions. Pour le reste, on a tellement été insondables, passant du simple au quintuple dans les sondages d'un jour à l'autre, que l'on est juste fier d'avoir réussi le pari d'exister à une telle échelle. Et pas pessimistes sur notre capacité à obtenir un groupe d'élus dans la future assemblée régionale. Parce qu'il faudra bien que tous ceux qui refusent les recettes inconsistantes de la droite, et la démagogie de l'extrême-droite, s'unissent au deuxième tour. Le premier tour n'est que celui qui déterminera la composition de cette probable - et attendue - majorité. Plus il y aura "d'experts du quotidien" comme nous, et mieux ce sera pour cette région qui a besoin de compétences et d'inventivité.

Quel que soit le résultat de ces élections, ce mouvement connaitra-t-il une suite ?

Oui. Ce n'est que la première étape, les fondations d'une maison commune que l'on construit brique après brique. La coopérative politique dont nous avions rêvé au temps - pas si lointain - de la fondation d'Europe Ecologie par Bové et Cohn-Bendit est née. Et c'était un pari fou, en si peu de temps, et à une telle échelle de territoire. À Montpellier, à Toulouse, à Nimes, Auch, Albi, et ailleurs, de véritables groupes se sont constitués, et ils renouvellent la façon de faire de la politique. Tout ça va fortement compter dans les années à venir."