Invités lundi soir dans l’émission « Questions d’Actu », à s’exprimer en direct sur la chaîne de télévision publique Canal Algérie, au sujet des prochaines élections législatives en Algérie, les jeunes Algériens donnent leur opinion sur le vrai sens du vote en Algérie.
Et ils sont unanimes : malgré leurs promesses électorales, les élus ne cherchent jamais autre chose que leur intérêt et leur enrichissement personnels.
Dans cette situation, seule l’abstention est le signe d’une vraie conscience politique.
Les jeunes, affirment-ils, ne veulent plus être utilisés comme du bétail.
Dans une course sans fin pour le pouvoir aveugle et la richesse matérielle, les élus qui se sont succédé depuis 50 ans, excepté peut-être une infime minorité, pratiquent une « politique ratatouille », désordonnée, totalement indifférente aux besoins sociaux vitaux des Algériens. "Ce sont eux qui ont provoqué une ruée des jeunes démunis vers le marché noir et le trabendo et qui entretiennent les politiques de l’émeute."
« Pourquoi promettre que les innombrables problèmes de logement, de transport, de santé publique se trouveront résolus après les élections ? Pourquoi toujours ‘après’ ? Il y en a pourtant eu beaucoup des ‘après’ sans suites ! », s’exclame cet autre jeune.
"Les députés sont des personnalités fantômes qu’on ne rencontre pratiquement jamais. Les universités fonctionnent dans des conditions d’hygiène ignobles et des pannes qui n’interpellent aucune autorité."
« On n’a jamais rien vu de positif ! J’ai 25 ans et je vis toujours chez mes parents ! »
« Pourquoi croyez-vous qu’un jeune délaisse l’école ou le collège ? Eh bien, c’est pour aller gagner des sous au marché noir et pouvoir acheter des cadeaux qui feront plaisir à sa maman ! De toute façon, personne ne pensera à eux ; il y en a qui possèdent plusieurs maisons, qui en habitent une et qui louent le reste pendant que d’autres n’ont même pas une cave pour s’abriter, et n'ont même pas l'espoir de filet social de la part de l’État ! »
« Le problème, affirme encore celui-ci, c’est qu’en 1962, on a eu l’indépendance mais malheureusement pas le mode d’emploi qui va avec : c’est -à-dire, la justice, la liberté et la science »
Et pourtant, ajoute un autre, la jeunesse algérienne ne manque ni de courage, ni de conviction. « Rappelez-vous ! Qui a libéré l’Algérie du colonialisme ? Le groupe des 22 ? Quel âge avaient-ils ? Une vingtaine d’années ? C’était la révolution la plus jeune au monde ! Nous pouvons et voulons en faire autant ! »