Aide carburant : qui y a droit, combien et comment la demander
Salariés, indépendants, agriculteurs, transporteurs : voici les aides au carburant ouvertes en 2026, avec les conditions pour y avoir droit, les montants et les démarches, de l'aide « grands rouleurs » de l'État à la prime carburant versée par l'employeur.
Pour octobre à décembre 2026, l'État verse 100 € aux travailleurs « grands rouleurs » : au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an, un revenu fiscal de référence 2024 de 22 770 € maximum par part et un véhicule thermique ou hybride non rechargeable. Ceux qui l'ont déjà touchée d'avril à septembre la reçoivent automatiquement à partir du 16 octobre 2026, les autres la demandent sur impots.gouv.fr à partir du 27 octobre 2026. Un employeur peut aussi verser une prime carburant exonérée d'impôt et de cotisations jusqu'à 1 000 € par an pour les sommes versées en 2026.
Le prix du plein pèse d'abord sur ceux qui n'ont pas le choix : les salariés qui font trente kilomètres par jour pour aller travailler, les artisans qui sillonnent un département, les pêcheurs, les transporteurs. Depuis le printemps 2026, l'État a ouvert plusieurs guichets pour amortir la hausse, et les employeurs ont reçu le droit de verser davantage sans charges.
Ces dispositifs n'ont ni le même public ni le même guichet, et un salarié peut passer à côté de celui qui le concerne simplement parce qu'il ne cherche pas au bon endroit. Les montants cités sont ceux en vigueur à la date indiquée dans le journal en bas de page.
Dans ce guide
Les aides carburant en un coup d'œil
Un particulier qui travaille peut prétendre à deux aides distinctes : l'indemnité versée par l'État aux « grands rouleurs », et une prime carburant si son employeur en a mis une en place. S'il est imposable, il peut aussi déduire ses frais réels. Les entreprises des secteurs les plus exposés ont leurs propres guichets.
| Critère | Aide « grands rouleurs » | Prime carburant | Frais réels | Prêt Flash Carburant |
|---|---|---|---|---|
| Pour qui | Actifs aux revenus modestes qui roulent pour travailler | Salariés qui prennent leur voiture pour aller travailler | Salariés imposables | TPE et PME de quatre secteurs |
| Montant | 100 € pour octobre à décembre 2026 | Libre, exonéré jusqu'à 1 000 € par an en 2026 | Selon le barème kilométrique | 5 000 à 50 000 € à 3,8 % |
| Qui paie | L'État | L'employeur | Baisse d'impôt | Bpifrance |
| Démarche | Formulaire sur impots.gouv.fr | Aucune, décision de l'employeur | Case frais réels de la déclaration | Demande en ligne |
| Automatique | Oui, pour les bénéficiaires d'avril à septembre | Non | Non | Non |
Sources : impots.gouv.fr, Code du travail numérique, Bpifrance. Relevé du 17 octobre 2026.
L'aide « grands rouleurs » de l'État
L'aide « grands rouleurs » est une indemnité forfaitaire de 100 € pour la période d'octobre à décembre 2026, versée par l'État aux personnes qui utilisent leur véhicule personnel pour travailler. Elle vise les foyers dont le revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 22 770 € par part. Le montant ne dépend pas du nombre de kilomètres parcourus.
Le dispositif a démarré au printemps 2026 avec 50 € par trimestre, soit 100 € pour la période d'avril à septembre, sous un plafond de revenus plus bas (16 880 € par part). Le Gouvernement l'a renouvelé le 22 septembre 2026 pour le dernier trimestre, en doublant l'aide, l'équivalent de 40 centimes par litre, et en élargissant le public à 5,5 millions de personnes contre 3 millions auparavant. Le décret du 15 octobre 2026 fixe ces nouvelles conditions.
Être un « grand rouleur »
Vous êtes considéré comme grand rouleur si vous utilisez votre véhicule à des fins professionnelles et que vous remplissez l'une de ces deux conditions :
- au moins 15 km par trajet entre votre domicile et votre lieu de travail, soit 30 km aller-retour ;
- ou au moins 8 000 km sur l'année dans le cadre de votre activité, trajets domicile-travail compris.
Les conditions de revenus et de situation
Il faut être domicilié fiscalement en France, avoir eu 16 ans au 31 décembre 2024 et avoir déclaré pour 2024 des revenus d'activité : salaires, bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non commerciaux ou bénéfices agricoles. Les allocations chômage et les préretraites ne comptent pas. Les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière sont exclus.
Pour octobre à décembre 2026, le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 22 770 €. Selon les exemples de l'administration fiscale, cela correspond à un salaire net mensuel d'environ 2 050 € pour une personne seule, 4 070 € pour un couple, 5 087 € pour un couple avec un enfant et 6 100 € pour un couple avec deux enfants. Le revenu fiscal de référence et le nombre de parts figurent en première page de l'avis d'impôt 2025 sur les revenus 2024.
Les véhicules acceptés
Le véhicule doit avoir deux, trois ou quatre roues, un moteur thermique ou hybride non rechargeable, et être assuré à la date de la demande. Sont exclus les voitures électriques, à hydrogène et hybrides rechargeables, les quadricycles lourds, les engins agricoles, les poids lourds, les véhicules de fonction ou de service dont l'employeur paie le carburant, ainsi que les véhicules déclarés endommagés. Un même véhicule n'ouvre droit qu'à une seule aide pour la période d'octobre à décembre.
Le 22 septembre 2026, le Gouvernement a aussi annoncé un accès adapté au guichet pour les aides à domicile, dès 30 km parcourus chaque jour, et une aide dédiée de 80 € de l'Assurance maladie pour les infirmiers libéraux qui se déplacent le plus. Notre article d'actualité sur les dernières semaines pour toucher les 100 euros retrace le premier volet de l'aide.
Demander l'aide pas à pas
Vérifier si vous l'avez déjà reçue
Si vous avez touché l'aide pour la période d'avril à septembre 2026, vous n'avez rien à faire : les 100 € d'octobre à décembre sont versés automatiquement à partir du 16 octobre 2026.
Contrôler votre revenu fiscal de référence
Ouvrez votre avis d'impôt 2025 dans votre espace Finances publiques ou dans l'application impots.gouv, puis divisez le revenu fiscal de référence par le nombre de parts. Le résultat doit rester sous 22 770 €.
Passer par le simulateur officiel
Le simulateur d'impots.gouv.fr pose les questions sur vos revenus, vos trajets et votre véhicule, et indique si vous êtes éligible.
Préparer les pièces demandées
Gardez à portée de main votre numéro fiscal, le numéro d'immatriculation du véhicule et le numéro de sa carte grise. Vous devrez aussi certifier sur l'honneur les distances parcourues.
Remplir le formulaire en ligne
La demande se fait depuis votre espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, à partir du 27 octobre 2026. L'aide arrive environ dix jours plus tard sur le compte bancaire connu de l'administration fiscale.
La prime carburant de l'employeur
La prime carburant est une somme que l'employeur peut verser pour couvrir tout ou partie des frais d'essence ou de gazole de ses salariés entre leur domicile et leur travail. Elle reste facultative : aucun salarié ne peut l'exiger si rien n'est prévu dans l'entreprise. Pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026, elle est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 1 000 € par an et par salarié.
Ce plafond était de 300 € à l'origine. Il est passé à 600 € pour 2026 selon une tolérance publiée par le Bulletin officiel de la sécurité sociale le 6 août 2026, puis le Gouvernement a annoncé le 22 septembre 2026 son relèvement à 1 000 €. Les textes réglementaires n'étaient pas encore publiés au 17 octobre 2026, mais l'administration autorise les employeurs à appliquer ces règles sans les attendre. Au-delà du plafond, la prime est soumise à l'impôt et aux cotisations.
Jusqu'à la fin de 2026, deux règles sont aussi assouplies :
- la prime peut être versée même si le domicile ou le lieu de travail est desservi par les transports en commun ;
- elle peut se cumuler avec le remboursement de l'abonnement de transport public par l'employeur.
Le salarié doit tout de même se trouver dans l'une de ces situations : habiter ou travailler dans une agglomération de moins de 100 000 habitants, avoir des horaires incompatibles avec les transports en commun, ou devoir se déplacer à ses frais entre plusieurs lieux de travail. Le montant et les critères sont fixés par accord d'entreprise, à défaut par accord de branche, ou par décision de l'employeur après consultation du comité social et économique. À partir du 1er janvier 2027, ces règles temporaires cessent de s'appliquer, sauf nouveau texte.
Déduire ses frais de carburant de ses impôts
Un salarié imposable peut réduire son impôt en déclarant ses frais réels de transport au lieu de la déduction forfaitaire de 10 % appliquée automatiquement. Le calcul se fait avec le barème kilométrique publié chaque année par l'administration fiscale, selon la puissance fiscale du véhicule et la distance parcourue. L'option n'est intéressante que si vos frais dépassent ces 10 %.
La distance entre le domicile et le travail est retenue en principe dans la limite de 40 km par trajet, sauf circonstances particulières qui justifient un éloignement plus grand. Le barème couvre le carburant, l'entretien et la dépréciation du véhicule ; les péages et le stationnement s'ajoutent sur justificatifs. Le simulateur de frais kilométriques d'impots.gouv.fr fait le calcul.
Les aides pour les entreprises et les professionnels
Les indépendants peuvent demander l'aide « grands rouleurs » à titre personnel, puisque leurs bénéfices comptent comme revenus d'activité. Les entreprises, elles, s'adressent à des guichets propres à leur secteur. Le Gouvernement a prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 les aides aux pêcheurs, aux agriculteurs et au BTP, et Bpifrance propose un prêt de trésorerie aux petites entreprises les plus exposées.
Le Prêt Flash Carburant de Bpifrance
Ouvert depuis le 13 avril 2026, ce prêt sans garantie de 5 000 à 50 000 € au taux de 3,8 % s'étale sur 36 mois, dont 12 mois de différé du capital. Il vise les TPE et PME de moins de 250 salariés des transports, de l'agriculture, de la pêche et, depuis le 13 mai 2026, du BTP, créées depuis plus d'un an, dont le carburant représente au moins 5 % du chiffre d'affaires 2025 et qui ont un expert-comptable. La demande se fait sur la plateforme de Bpifrance. Notre article sur le prêt flash carburant en détaille le lancement.
Pêche, agriculture et BTP
Les entreprises de pêche reçoivent une aide au litre de carburant acheté, fixée à 25 centimes pour juin, juillet et août 2026, à demander auprès de l'Agence de services et de paiement avec une attestation comptable du volume acheté. Pour la suite de l'année, l'aide doit couvrir 70 % de la hausse des coûts par rapport à l'avant-crise, et un prêt à taux zéro de Bpifrance jusqu'à 50 000 € a été annoncé pour la pêche à partir du 1er octobre 2026. Les agriculteurs gardent une aide de 15 centimes par litre de gazole non routier, et le BTP de 20 centimes. Voir aussi notre article sur la prolongation des aides après le blocage des pêcheurs.
Transport routier
Une aide exceptionnelle, plafonnée à 60 000 € par entreprise et reconduite par un décret du 3 juillet 2026, s'adresse aux entreprises de transport routier de marchandises, de voyageurs et de transport sanitaire hors taxi de moins de 1 000 salariés. Son montant dépend du nombre et de la catégorie des véhicules exploités.
Payer son plein moins cher
Le moyen le plus simple de dépenser moins reste de comparer les stations avant de faire le plein. Le site public prix-carburants.gouv.fr affiche les prix déclarés par chaque station, par commune ou par département, et pour chaque carburant : gazole, SP95-E10, SP98, E85 ou GPL.
Le chèque énergie, de son côté, ne sert pas à payer du carburant : il règle des factures d'énergie du logement. Pour qui change de voiture, le leasing social et les aides à l'achat d'un véhicule électrique réduisent la dépense de carburant à plus long terme, mais un véhicule électrique ne donne pas droit à l'aide « grands rouleurs ».
Questions fréquentes
Qui a droit à l'aide carburant de 100 euros ?
Les personnes qui utilisent leur véhicule personnel pour travailler, à raison d'au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an, et dont le revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 22 770 € par part pour la période d'octobre à décembre 2026. Il faut avoir déclaré des revenus d'activité et rouler avec un véhicule thermique ou hybride non rechargeable, assuré.
Faut-il refaire une demande pour l'aide d'octobre à décembre 2026 ?
Non, si vous avez déjà touché l'aide pour avril à septembre 2026 : le versement de 100 € est automatique à partir du 16 octobre 2026. Les autres font leur demande sur impots.gouv.fr à partir du 27 octobre 2026.
Quand l'aide est-elle versée après la demande ?
Environ dix jours après le dépôt du formulaire, sur le compte bancaire enregistré auprès de l'administration fiscale. Vérifiez que ce compte est à jour dans votre espace Finances publiques avant de demander.
Un retraité ou un demandeur d'emploi peut-il toucher l'aide carburant ?
Non, sauf s'il a aussi déclaré des revenus d'activité pour 2024. L'aide est réservée aux personnes qui ont perçu des salaires ou des bénéfices professionnels ; les allocations chômage et les préretraites ne sont pas prises en compte.
Les voitures électriques ou hybrides rechargeables sont-elles concernées ?
Non. Seuls les véhicules à moteur thermique ou hybride non rechargeable ouvrent droit à l'aide « grands rouleurs ». Les voitures électriques, à hydrogène et hybrides rechargeables en sont exclues.
Mon employeur est-il obligé de me verser une prime carburant ?
Non, la prime carburant est facultative. Elle dépend d'un accord d'entreprise, d'un accord de branche ou d'une décision de l'employeur. Quand elle existe, elle est exonérée d'impôt et de cotisations jusqu'à 1 000 € par an pour les sommes versées en 2026.
Où trouver mon revenu fiscal de référence ?
Il est imprimé en première page de votre avis d'impôt sur le revenu, à côté du nombre de parts. Pour l'aide de 2026, c'est l'avis établi en 2025 sur les revenus 2024 qui compte, disponible dans votre espace Finances publiques.
Journal des modifications
- Mis à jour : première publication, le