Porte-voix des luttes syndicales, l'entreprise de presse La Marseillaise-L'Hérault du Jour autorisera-t-elle enfin son Syndicat National des Journalistes-CGT à participer au relèvement de son journal ?

Journal La Marseillaise et L'Hérault du Jour en cessation de paiement, la colère des journalistes et du SNJ-CGT !

Suite au dépôt de bilan présenté par la direction de l'entreprise La Marseillaise devant le Tribunal de commerce de Marseille, les journalistes de ce quotidien d'opinion demandent, via leur section syndicale SNJ-CGT, à être associés à la nouvelle séquence qui s'ouvre. Pour pouvoir cogérer la situation de crise au mieux et contribuer à la survie de leur journal en lien avec l'administrateur judiciaire chargé du dossier. Mais aucune réponse, a fortiori positive, ne leur est apportée pour l'instant...

« On n'a jamais vu une entreprise se mettre en cessation de paiement sans convoquer une assemblée générale pour informer les salariés ! », s'indigne, au micro de Médiaterranée, Jean-Marie Dinh, secrétaire général du Syndicat National des Journalistes-CGT de l'entreprise de presse La Marseillaise qui diffuse également, dans le département de l'Hérault, le quotidien L'Hérault du Jour.

Ras-le-bol à bâbord !

Ce journal d'opinion dit « de gauche » étant édité par le PCF, on comprend, en entendant ce délégué syndical des journalistes, que le ras-le-bol est total. D'autant qu'après s'être battus en vain, durant de nombreuses années, pour le simple respect du code du travail dans cette entreprise, notamment au niveau de la non-application des salaires minimums fixés par la convention collective des journalistes, syndicat et personnels doivent désormais faire face à un dépôt de bilan. Avec la sombre perspective d'une nouvelle réduction drastique de leurs effectifs, deux ans seulement après le plan de départs volontaires encaissé à hauteur d'une quarantaine de postes pour tenir l'entreprise à flot sur le plan comptable de l'exercice 2013.

Aujourd'hui, ce nouveau dégraissage en perspective est évalué à un tiers des personnels, selon les bruits de couloirs qui circulent Cours d'Estienne d'Orves, l'entreprise comptant à ce jour 213 salariés.

« Suite à la mise en cessation de paiement, nous demandons à ce que le collège des journalistes soit représenté dans cette procédure où se joue la survie de notre journal », résume Jean-Marie Dinh qui a réuni lundi une quarantaine de journalistes à Marseille pour une assemblée générale de ceux qui, jour après jour, noircissent les colonnes de ce journal. Les 42 journalistes présents ont voté à l'unanimité ce communiqué de presse diffusé sur le site du SNJ-CGT La Marseillaise-L'Hérault du Jour :

« Chers collègues,
 

Suite à la mise en cessation de paiement du journal La Marseillaise par notre direction le vendredi 14 novembre et sa demande de redressement judiciaire, le SNJ-CGT La Marseillaise-L'Hérault du Jour a organisé ce midi une assemblée générale d'information des journalistes. Pas moins de 42 d'entre-nous ont pu faire le déplacement jusqu'à Marseille, une participation dont le SNJ-CGT La Marseillaise-l'Hérault du jour ne peut que se féliciter.
 

Lors de cette réunion, la demande d'une représentation des journalistes, dans le cadre de la procédure au CE et au niveau des salariés, a été votée à l'unanimité. La proposition que ces fonctions soient assurées par deux représentants du SNJ-CGT La Marseillaise-L'Hérault du Jour a également été entérinée. Une délégation devait rencontrer Jean-Louis Bousquet afin d'obtenir une réponse de principe.
 

Dans un souci de transparence, cette assemblée de la rédaction demande également à l'unanimité à la direction de tenir une assemblée de l'ensemble des personnels de La Marseillaise.
 

En cet instant crucial pour la pérennité de l'entreprise et de ses emplois, le SNJ-CGT La Marseillaise-l'Hérault du jour sera plus que jamais engagé aux côtés des salariés. Convaincus que face à cette situation de crise grave, nous devons faire front collectivement, nous ne manquerons pas évidemment de vous tenir informés au plus vite. Nous restons bien sûr à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. »

 

Problème, depuis l'annonce de la mise en cessation de paiement, Jean-Louis Bousquet « fait la politique de la chaise vide », dénonce le délégué syndical Jean-Marie Dinh qui continue d'espérer que la raison l'emporte.

Une histoire de chaises vides... 

« Nous sommes à un moment important de l'histoire de notre journal, si nous ne faisons pas front commun tous ensemble, si les propositions des journalistes ne sont pas intégrées dans le nouveau projet de journal qui doit être bâti auprès de l'administrateur judiciaire, dans six mois, tout sera plié », prévient le délégué syndical.

Soutenu par la majorité des journalistes et par les instances nationales du SNJ-CGT, il ne laissera pas, avec les autres membres de sa section syndicale, le collège des journalistes être mis sur la touche de la refondation en cours, sans aucune réaction.

Le 25 juillet 2014, le SNJ-CGT La Marseillaise-L'Hérault du Jour avait posté sur son blog naturellement intitulé « Un canard plein d'envie », cet article de l'avocat Eric Rocheblave rappelant qu'un salarié peut dénoncer les « décisions incohérentes et contradictoires » de son employeur « qui compromettent la pérennité de l'entreprise »...