Anna Rosso-Roig, ex-candidate du Front de Gauche aux législatives, vient de rejoindre le FN. Ce parcours qui mène de la gauche au FN est de plus en plus répandu. (D. R.)

Marseille : Une ex-candidate du Front de Gauche se rallie au Front National

Anna Rosso-Roig, candidate l’an passé lors des législatives à Marseille sous les couleurs du Front de Gauche, vient de faire le grand écart entre la gauche et le Front National. Une tendance à la hausse au FN. 

Pour les municipales de 2014, Anna Rosso-Roig sera de nouveau candidate, probablement dans les 1er et 7e arrondissements. Mais elle change donc de Front. Elle délaisse le rouge du FDG et adoptera désormais le Bleu Marine du FN. 

Pour le Front National, toujours à l’affût de ce genre de nouveaux adhérents, même si la personnalité de la transfuge n’a guère de poids politique (7% des voix dans la 6e circonscription en 2012), la symbolique est forte. 

Florian Philippot, le vice-président du FN, a salué sur Twitter la nouvelle venue avec un Bienvenue à Anna Rosso-Roig”, mentionnant même le “bon souvenir” que lui a laissé leur “rencontre à Tarascon.”

Florian Philippot, lui-même venu des rangs de la gauche, plus précisément des chevènementistes, ne pouvait que se réjouir de ce changement de Front. 

 

De la gauche au FN, les passerelles sont ouvertes 

Depuis déjà quelque temps, le FN tente de gommer son étiquette d’extrême-droite, pour apparaître comme un rassemblement de patriotes. Chaque fois qu’une recrue arrive de la gauche, le parti de Marine Le Pen ne manque pas de la mettre en avant. 

Ce fut le cas de cet  ex-syndicaliste CGT en Lorraine, ancien du NPA, devenu candidat FN aux cantonales de 2011, et désormais candidat à la mairie d’Hayange (Moselle). Ou de cette jeune étudiante, passée par le NPA elle aussi, avant de se présenter dans les Yvelines, sous les couleurs FN, également lors des cantonales de 2011.

Le fer de lance de cette nouvelle stratégie étant évidemment Gilbert Collard. Longtemps membre du PS, l’avocat défendait en 1998 les amis d’Ibrahim Ali, le jeune homme tué en 1995 par des colleurs d’affiche du Front National dans une rue de Marseille.

"Nous voulons démontrer la responsabilité des leaders du FN dans le délire raciste et criminel de ses militants" , lançait-il à l’époque. Il est aujourd’hui l’un des deux députés affiliés au FN à l’Assemblée nationale. 

Certains membres du FN revendiquent même clairement leur appartenance à la gauche. C’est le cas, par exemple à Marseille, de Grégory Gennaro. Ce cadre local du FN se présente ouvertement comme “quelqu’un de gauche”, et s’annonce sur son blog en “patriote progressiste”, favorable à “un patriotisme social, moderne et humain.”

Dans ce contexte général, le ralliement d’Anna Rosso-Roig n’a rien de surprenant. Avant le FDG, elle est passée par le Parti Socialiste, et était militante à la CGT. Cette passerelle vers le FN serait empruntée par beaucoup de syndicalistes CGT, assurait même récemment Louis Alliot, le vice-président du FN, sur BFMTV

Le parcours qui mène de la gauche au FN est donc bel et bien de plus en plus fréquent. Dans un avenir à court terme, il faut probablement s’attendre à ce que cette tendance s’amplifie. 

Pour les autres formations politiques, en particulier celles qui se déclarent, plus ou moins, de gauche, il est grand temps de s’en préoccuper. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard...