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Soumis par rac le

Dans cette intervention sur la littérature algérienne et Albert Camus, Kateb Yacine faisait une comparaison saisissante entre l'écrivain dit "algérien" Albert Camus" et l'Américian Faulkner"

Il est peut-être utile de rappeler au préalable que le vocable "algérien" pendant la période coloniale ne désignait aucunement la population algérienne colonisée mais uniquement la population des Français d'Algérie.

Les Algériens colonisés étaient les "musulmans", les "Arabes", mais pas les "Algériens".

Dans ce cadre, dire que Camus était un écrivain algérien ne signifiait qu'une chose: il était un Français d'Algérie, qui elle-même officiellement était française.

D'où la transposition du fossé qui éloigne les colons des populations autochtones ou "indigènes" dans les relations directes entre les personnes mais aussi dans les manières de nommer les "indigènes"

Kateb Yacine reconnaît ici l'engagement réel d'Albert Camus journaliste qui, dans ses articles et reportages, n'hésitait pas à dénoncer la pauvreté et la misère des populations colonisées, et ceci en s'exposant à des risques sur sa personne pendant la guerre d'Algérie.

Pourtant, nous dit Kateb Yacine, l'analyse de son oeuvre montre que le Camus écrivain ne fait aucune place au peuple algérien, qui est absent en tant que personnage voire même en tant que décor dans ses romans .

La vision littéraire de Camus d'une Algérie "sans le peuple algérien"  est révélatrice sur le plan littéraire d'une espèce de déni du colonisé.

Kateb Yacine fait un paralèlle paradoxal avec l'écrivain américain William Faulkner. Cet écrivain fils de colon qui ne cache pas toujours sa haine des Noirs, mais dont le roman Lumière d'août accorde une place au Noir et plus encore à sa langue.

Kateb Yacine relève ici des éléments objectifs de la pratique littéraire, révélateurs de la vision de l'écrivain Camus. Sans chercher à minimiser l'action intellectuelle ou politique de ce dernier.

 

 

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