Travailler à Monaco en vivant en France : permis, impôts, chômage et salaire
Permis de travail obligatoire même pour un Français, impôt payé en France, cotisations à Monaco, chômage couvert par le régime français étendu : ce qu'il faut savoir pour travailler à Monaco en habitant dans les Alpes-Maritimes.
Pour travailler à Monaco, tout non-Monégasque, Français compris, a besoin d'un permis de travail demandé par l'employeur. Un salarié qui habite en France paie son impôt sur le revenu en France, cotise aux caisses sociales de Monaco et relève, en cas de perte d'emploi, de l'assurance chômage française étendue à Monaco. Le salaire minimum suit le SMIC français, majoré d'une indemnité de 5 %.
Monaco attire chaque jour des milliers de salariés qui vivent de l'autre côté de la frontière, dans les Alpes-Maritimes ou en Italie. Banque, hôtellerie, commerce, santé, bâtiment : la Principauté offre des emplois, mais avec des règles qui surprennent souvent, à commencer par l'obligation d'un permis de travail, même pour un Français.
Ce guide s'adresse à ceux qui veulent travailler à Monaco en habitant en France. Il explique comment se passe l'embauche, où l'on paie ses impôts et ses cotisations, ce qui se passe en cas de perte d'emploi, et comment s'organiser pour le logement et les trajets.
Dans ce guide
Ce qui relève de Monaco, ce qui relève de la France
Un salarié de Monaco qui habite en France dépend des deux pays. Le permis de travail et les cotisations sociales relèvent de Monaco ; l'impôt sur le revenu se paie en France. En cas de perte d'emploi, c'est l'assurance chômage française, étendue à Monaco, qui s'applique.
| Sujet | Pays compétent | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Droit de travailler | Monaco | Permis de travail obligatoire pour tout non-Monégasque |
| Impôt sur le revenu | France | Salaire déclaré en France selon le droit commun |
| Cotisations sociales | Monaco | Régimes monégasques de prévoyance et de retraite |
| Chômage | Régime français étendu à Monaco | Inscription à France Travail (au Service de l'Emploi de Monaco pour un résident monégasque) |
| Salaire minimum | Monaco | Aligné sur le SMIC français, avec une indemnité de 5 % |
Sources : loi monégasque n° 629 (version en vigueur au 18 octobre 2026), BOFiP (convention fiscale franco-monégasque), Unédic (avenant du 6 juin 2025). Relevé du 18 octobre 2026.
Se faire embaucher à Monaco
Trouver un employeur
Les offres passent par les employeurs eux-mêmes, les agences d'intérim et le Service de l'Emploi de Monaco, où les candidats prioritaires peuvent s'inscrire.
Laisser l'employeur demander l'autorisation
Avant votre prise de poste, l'employeur doit obtenir une autorisation écrite d'embauche auprès de l'administration monégasque du travail.
Passer la visite médicale
Le permis de travail n'est délivré qu'après avis de l'Office de la médecine du travail et de la Sûreté publique : une visite médicale d'aptitude est organisée.
Obtenir le permis de travail
Le permis vaut pour un employeur et un métier. Tout changement d'employeur ou de profession demande un nouveau permis, tout comme la mise en place du télétravail.
Garder ses documents à jour
Un ressortissant non européen qui vit en France doit conserver un titre de séjour français valable ; pour un cas particulier, interrogez le Service de l'Emploi de Monaco.
À compétences égales, la loi fixe un ordre de priorité. Les Monégasques passent en premier, puis notamment les conjoints et parents de Monégasques, les étrangers domiciliés à Monaco, et ensuite les étrangers domiciliés dans les communes limitrophes, comme Beausoleil, Cap-d'Ail, La Turbie ou Roquebrune-Cap-Martin, qui ont déjà travaillé à Monaco. Les autres candidats peuvent être embauchés quand aucun candidat prioritaire n'a été retenu. En cas de licenciement économique, l'ordre est inversé.
Impôts : où paie-t-on ?
Un salarié qui habite en France et travaille à Monaco déclare son salaire et paie son impôt sur le revenu en France, selon les règles habituelles. Monaco ne lève pas d'impôt sur le revenu sur ses résidents, mais cela ne concerne pas les personnes qui vivent en France. La part du salaire liée aux heures supplémentaires peut être exonérée, dans les limites prévues par l'article 81 quater du code général des impôts.
Ces règles découlent de la convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963, commentée par l'administration fiscale française dans le BOFiP. Pour l'exonération des heures supplémentaires, demandez à votre service des impôts quels justificatifs fournir. Un Français qui s'installe à Monaco reste imposable en France comme s'il y habitait (article 7-1 de la convention), sauf s'il justifiait déjà de cinq ans de résidence habituelle à Monaco au 13 octobre 1962.
Cotisations, retraite et chômage
Les salariés de Monaco cotisent aux caisses sociales monégasques pour la maladie et la retraite, même s'ils habitent en France. Pour le chômage, le régime d'assurance chômage français est étendu au territoire monégasque : le salarié cotise et, s'il perd son emploi, s'inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail s'il habite en France. Un résident de Monaco passe, lui, par le Service de l'Emploi de Monaco.
Selon l'avenant du 6 juin 2025 publié par l'Unédic, l'inscription au Service de l'Emploi de Monaco produit les mêmes effets qu'une inscription auprès des services français, et la contribution salariale à l'assurance chômage est fixée à 2,4 %. Pour un projet de démission ouvrant droit à l'allocation, le salarié doit d'abord demander un conseil en évolution professionnelle auprès de la direction du travail monégasque. Certaines règles propres aux travailleurs saisonniers ne s'appliquent pas à Monaco.
Si vous avez travaillé dans les deux pays, demandez vos relevés de carrière aux caisses de Monaco et aux régimes français bien avant de partir à la retraite.
Salaire minimum et durée du travail
Le salaire minimum à Monaco suit le taux horaire du SMIC français, auquel s'ajoute une indemnité de 5 % prévue par un arrêté ministériel de 1963. La durée légale du travail y est de 39 heures par semaine, contre 35 en France. Les salaires effectifs dépendent ensuite du secteur et des conventions collectives.
Le taux horaire évolue avec chaque revalorisation du SMIC français. Pour un chiffre précis, vérifiez auprès de la direction du travail de Monaco au moment de la signature du contrat. Nous ne publions pas de grille de salaires par métier, faute de statistique officielle récente consultée.
Logement et trajets
La plupart des salariés de Monaco habitent dans les communes voisines des Alpes-Maritimes, de Menton à Nice, ou en Italie. Les communes limitrophes sont les plus proches, mais aussi parmi les plus demandées. Les trajets se font surtout en train, en bus ou en voiture.
La ligne de TER qui longe la côte relie Nice, Monaco et Menton, et des lignes de bus régionales desservent la Principauté. En voiture, les heures de pointe sont chargées et le stationnement est payant : comparez le temps de trajet réel avant de choisir un logement. Habiter dans une commune limitrophe peut aussi compter pour l'ordre de priorité à l'embauche, après une première expérience à Monaco.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail pour Monaco ?
Oui. Aucun étranger ne peut occuper un emploi privé à Monaco sans permis de travail, et les Français sont des étrangers au sens de la loi monégasque. C'est l'employeur qui fait la démarche.
Où paie-t-on ses impôts quand on travaille à Monaco et vit en France ?
En France. Le salaire est déclaré et imposé en France selon les règles habituelles, avec une exonération possible des heures supplémentaires.
Peut-on toucher le chômage après un emploi à Monaco ?
Oui. Le régime d'assurance chômage français est étendu à Monaco : le salarié cotise et, en cas de perte d'emploi, s'inscrit à France Travail s'il habite en France. Un résident de Monaco s'inscrit par le Service de l'Emploi de Monaco, ce qui produit les mêmes effets qu'une inscription en France.
Quel est le salaire minimum à Monaco ?
Il suit le taux horaire du SMIC français, majoré d'une indemnité de 5 %. La durée légale du travail est de 39 heures par semaine.
Un étranger avec un titre de séjour français peut-il travailler à Monaco ?
Oui, avec un permis de travail monégasque obtenu par l'employeur. Il doit garder un titre de séjour français valable pour continuer à vivre en France.
Où cotise-t-on pour la retraite ?
Aux caisses sociales de Monaco, même en habitant en France. En cas de carrière dans les deux pays, demandez vos relevés aux deux régimes.
Journal des modifications
- Mis à jour : première publication, le