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Mobilisation lycéenne à Marseille : la RTM suspend tout son réseau jeudi

La Régie des Transports Métropolitains (RTM) a suspendu l'intégralité de son réseau à Marseille ce jeudi 1er octobre, bus, tram et métro confondus, après des violences visant des conducteurs aux abords de plusieurs lycées marseillais en marge du mouvement lycéen national. Selon les autorités, 40 lycées des Bouches-du-Rhône sont concernés par des manifestations, dont 18 sont totalement bloqués ce jeudi. Des rassemblements se sont également tenus en centre-ville de Marseille, où une quarantaine d'interpellations ont été confirmées dans le département au cours de la matinée.

Dans un communiqué diffusé peu après 12h30, la RTM indique que son service a été « interrompu dans sa totalité, après des perturbations liées au mouvement lycéen ». L'opérateur précise que « ce jeudi, plusieurs bus de la RTM ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l'est de Marseille ». Selon la régie, « des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule et l'un d'entre eux a été agressé ». La RTM dit apporter son soutien à ses agents et annonce qu'elle déposera plainte à la suite de ces agressions et des dégradations commises contre ses véhicules. Une agression de conducteur avait déjà conduit la régie à mettre à l'arrêt total son réseau, un mode de réaction que l'entreprise assume de nouveau ce jeudi.

Deux bus de la RTM ont ainsi été endommagés aux abords du lycée Floride, dans le 14e arrondissement de Marseille. Dans les quartiers nord de la ville, un fourgon incendie des marins-pompiers, venu intervenir sur un feu de poubelles devant le lycée Saint-Exupéry, a lui-même été incendié ; un marin-pompier a été légèrement blessé dans cet épisode. La RTM dit déplorer « ces comportements irresponsables » et appelle « au respect de ses conducteurs et de ses équipements ». Le tramway d'Aubagne a également été interrompu ce jeudi.

Un réseau toujours arrêté en milieu d'après-midi

À l'heure où nous écrivons, aucune reprise du réseau marseillais n'est confirmée. La RTM indique seulement que « l'exploitation reprendra dès que les conditions le permettront, en lien avec les forces de l'ordre », sans donner d'horaire. Vers 13h30, des manifestants se sont rassemblés sur la Canebière, près du commissariat de Noailles, pour soutenir des lycéens placés en garde à vue après plusieurs interpellations. Les protestataires ont fait face aux forces de l'ordre, qui ont fini par dégager l'avenue ; aucun chiffre de foule n'a été communiqué. Le centre-ville marseillais a déjà été le théâtre de rassemblements ayant dégénéré devant la préfecture ces derniers mois.

Au niveau national, l'Union Étudiante affirme que 640 lycées ont été touchés par des blocages ou des tentatives de blocage ce 1er octobre, journée présentée comme un « acte deux » du mouvement, auquel se sont joints des étudiants, notamment à Aix-Marseille et à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Le syndicat estime que « ces blocages sont l'expression de la colère des jeunes face au mépris qu'ils subissent ». Il appelle à une nouvelle manifestation mardi 6 octobre pour un « acte 3 », réclamant notamment « des moyens financiers et humains dans tous les lycées et universités ». L'Union Étudiante juge que « la mobilisation qui a commencé en septembre et qui grandit chaque jour est d'ores et déjà historique ».

Enseignants et gouvernement réagissent

Maxime Champion, enseignant au lycée Thiers et membre du syndicat Force ouvrière, met en avant les difficultés liées à l'orientation : « 120 000 lycéens n'ont eu aucune affectation dans Parcoursup, c'est ça la vraie violence. Il ne faut pas s'étonner que la colère s'exprime. Le gouvernement refuse de prendre en compte les revendications, il doit porter ses responsabilités ». Marion Chopinet, du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, nuance le regard porté sur les lycéens mobilisés : « Nos élèves ne sont pas dans la rue pour tout casser et rater les cours. Ils ont un discours réfléchi, ils sont angoissés par leurs conditions d'études, stressés par Parcoursup. Leurs revendications, nous les portons aussi, c'est pour ça que nous étions en grève mardi ».

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réagi à la mi-journée en affirmant qu' « aucune revendication ne peut justifier de tels actes ». Il a demandé « que les cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus empêchent l'accueil des élèves en toute sécurité ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a quant à lui présidé une cellule interministérielle de crise à 13h, à Beauvau.

Les perturbations de transport ne se limitent pas à Marseille. À Strasbourg, la circulation des tramways a été arrêtée à la demande de l'État ; selon le préfet du Bas-Rhin, cette décision vise à « limiter les mouvements des casseurs et manifestants ». À Grenoble, le réseau M réso a annoncé vers 10h30 la suspension de ses bus et tramways « afin d'assurer la sûreté des personnes et des biens », illustrant l'ampleur prise par la mobilisation lycéenne et étudiante ce jeudi à l'échelle nationale.

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