Algérie : 12 morts dans les incendies, Tebboune décrète trois jours de deuil
Une nouvelle vague d'incendies de forêt a frappé le nord-est de l'Algérie cette semaine, provoquant la mort de 12 personnes et blessant 54 autres, dont plusieurs grièvement. Face à cette tragédie, le président Abdelmadjid Tebboune a immédiatement décrété trois jours de deuil national, avec mise en berne du drapeau algérien et annulation de toutes les festivités et compétitions sportives sur l'ensemble du territoire.
Les victimes ont été recensées dans trois wilayas particulièrement touchées par les flammes. La wilaya de Jijel déplore 5 morts, celle de Béjaïa compte 4 victimes, tandis que Tizi Ouzou recense 3 décès, dont trois femmes d'une même famille dans la commune de Boghni. Parmi les disparus figure également un enfant de huit ans, selon des témoignages rapportés par la presse locale. Les 54 blessés ont été pris en charge d'urgence dans les hôpitaux de Béjaïa, Jijel et Skikda, où plusieurs équipes médicales ont été mobilisées pour faire face à l'afflux de victimes souffrant principalement de brûlures et d'intoxications par la fumée.
La situation sur le terrain demeure particulièrement préoccupante. Selon le dernier bilan communiqué par la Protection civile algérienne, pas moins de 174 incendies ont été recensés entre le 27 et le 28 août, dont 110 ont pu être maîtrisés grâce à l'intervention massive des secours, mais 64 foyers restent toujours actifs dans 10 wilayas différentes. La wilaya de Jijel arrive en tête avec 20 foyers d'incendie encore non contrôlés, suivie de Skikda avec 14 feux actifs, El Tarf avec 10, Guelma avec 6 et Annaba avec 5. Quelques jours auparavant, le 26 août, les services de secours combattaient déjà 75 feux actifs simultanément dans 15 wilayas, avec Béjaïa en première ligne totalisant 20 foyers, suivie de Tizi Ouzou avec 13 incendies et Skikda avec 10.
Une mobilisation sans précédent face aux flammes
Plus de 19 000 agents de la Protection civile ont été déployés sur l'ensemble des zones sinistrées, appuyés par des renforts militaires et des moyens aériens comprenant plusieurs avions et hélicoptères bombardiers d'eau. Malgré cette mobilisation massive, les conditions météorologiques se sont révélées particulièrement défavorables aux opérations de lutte contre les incendies. Les vents violents qui balayent la région, combinés à une fumée dense réduisant la visibilité et à des températures caniculaires dépassant les 40 degrés Celsius, ont considérablement compliqué les interventions, notamment l'engagement des moyens aériens qui ont dû être suspendus à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité.
Le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud, s'est personnellement rendu dans les zones sinistrées pour constater l'ampleur des dégâts et visiter les blessés hospitalisés, notamment à l'hôpital de Souk El Tenine dans la wilaya de Béjaïa. Lors de cette visite, il a annoncé l'ouverture d'enquêtes approfondies destinées à déterminer avec précision les causes de ces départs de feux, certains incendies s'étant déclenchés de manière quasi simultanée dans plusieurs régions géographiquement éloignées, ce qui soulève des interrogations sur d'éventuels actes criminels. Les autorités n'écartent aucune piste et ont promis que toutes les responsabilités seraient établies et sanctionnées le cas échéant.
Un été meurtrier marqué par les catastrophes naturelles
Cette nouvelle tragédie s'inscrit malheureusement dans un contexte estival particulièrement critique pour l'Algérie. Depuis le début du mois de juillet 2026, le pays a déjà enregistré plus de 1 400 incendies de forêt et de végétation, ayant causé la mort de 6 personnes avant cette dernière vague meurtrière. Les autorités avaient alors déployé des moyens considérables, mobilisant plus de 19 000 pompiers et l'ensemble des moyens aériens disponibles pour tenter de contenir la progression des flammes, aggravée par une canicule exceptionnelle avec des températures dépassant les 45 degrés Celsius dans certaines régions du pays, notamment dans le sud et les Hauts Plateaux.
Sur les réseaux sociaux, des rumeurs alarmistes ont circulé massivement, évoquant un bilan catastrophique de 600 morts, alimentant la panique et l'indignation au sein de la population algérienne et de la diaspora. Il convient de préciser qu'aucune source officielle ni aucun média reconnu n'a confirmé ce chiffre manifestement erroné, qui a été formellement démenti par plusieurs titres de presse algériens et qualifié de fake news par les autorités. Le bilan officiel communiqué par la Protection civile et le ministère de l'Intérieur s'établit à 12 décès pour cette dernière vague d'incendies, portant le total des victimes depuis le début de l'été à environ 18 morts. Les autorités appellent la population à ne relayer que les informations provenant de sources officielles et vérifiées.
Dans son message de condoléances adressé aux familles des victimes, le président Tebboune a exprimé sa profonde tristesse face à cette tragédie nationale et appelé à une large solidarité envers les familles endeuillées et les sinistrés qui ont tout perdu dans les flammes. Des opérations de soutien psychologique et matériel ont été rapidement mises en place dans toutes les zones touchées, où plusieurs milliers d'habitants ont dû être évacués en urgence, abandonnant leurs habitations, leurs terres agricoles et leur bétail. Le gouvernement a également promis des indemnisations rapides pour les victimes et la reconstruction accélérée des infrastructures détruites, estimées à plusieurs centaines d'habitations et de bâtiments agricoles.