Oum Kalthoum, la diva immortelle

Décédée le 3 février 1975, l’ombre de la diva égyptienne Oum Kalthoum est encore bel et bien présente dans les rues du Caire. Rue, musée, hôtel… nombreux sont les endroits qui arborent son nom. Dans le quartier d’Al-Zamalek, par exemple, on peut même apercevoir une statue à son effigie. Preuve que la reine de la musique arabe continue à souffler son âme dans les esprits.

L’astre d’Orient, la cantatrice du peuple ou encore la dame comme l’appelait Charles de Gaulle, Oum Kalthoum avait de nombreux surnoms. De l’Occident à l’Orient, elle ne laissait personne indifférent. De son vrai nom Fatima Ibrahim al-Sayid al Beltaguie, la chanteuse faisait le bonheur de plusieurs millions d’individus. Aujourd’hui encore, certains ne jurent que par la diva. Il faut dire qu’elle avait un don exceptionnel. Une voix puissante et claire. Une voix incomparable. Elle était capable de chanter pendant des heures et des heures en direct et sans être fatiguée.

L’histoire du petit garçon 

Pourtant, rien ne la prédestinait à une telle carrière. Issue d’une famille modeste, son père imam de profession, interprétait quelques fois des chants religieux durant des cérémonies afin d’arrondir ses fins de mois. Il enseignait au passage le chant à son fils. Mais, quand il a entendu la voix de sa fille, Fatima, il a senti le potentiel qu’elle avait, il a décidé de la faire travailler avec lui. À l’époque, il était bien impensable qu’une jeune fille ou qu’une femme puisse chanter dans les lieux publics. Alors Oum Kalthoum se déguisait en petit garçon. Ainsi, elle pouvait participer à tous les événements avec le groupe de son père. Quelques années plus tard, son talent est remarqué par de grands musiciens qui lui proposent une collaboration. 

Gardienne de la cause arabe

La diva était bien plus qu’une chanteuse, elle était une icône nationale. Elle défendait avec amour l’Égypte. Artiste engagé, elle a mis sa voix au service de son pays et de la cause arabe notamment depuis la création d’Israël en 1948. Amie de Gamal Abdel Nasser, l’ancien président était tombé sous le charme de sa voix. Elle avait la capacité de réveiller les nationalistes en interprétant des chants patriotiques. Ses thèmes de prédilection étaient l’Amour, la patrie et la religion. L’astre d’Orient aimait encourager l’armée de son pays à sa façon. Elle leur adressait des chants pour les motiver à affronter l’ennemi. Par son talent, elle a réussi à réconcilier l’Égypte après la défaite de la guerre des Six jours. En bref, Oum Kalthoum représentait l’unité nationale du peuple égyptien.

50 ans de carrière et une reconnaissance éternelle 

Fatima a été la première femme à chanter debout, de son temps, les chanteurs restaient assis. De cette façon, elle représentait la femme debout. La femme forte. La femme engagée. Un exemple pour le féminisme arabe. Oum Kalthoum avait conquis le coeur de millions d’Égyptiens. Chaque premier jeudi du mois, elle donnait un concert à la radio. Résultat ? Les rues du Caire se vidaient pendant trois heures. Du jamais vu. À sa mort en 1975, trois millions de fans ont assisté à ses funérailles. Le monde arabe et celui de la musique ont perdu ce 3 février 1975, la cantatrice du peuple. Une perte inestimable et une douleur immense avaient percé, ce jour-là, le coeur des Égyptiens.