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Naturalisation de George Clooney : entre fascination, soupçons de passe-droit et rappel des règles françaises

La nouvelle a fait le tour du monde en quelques heures : George Clooney, son épouse Amal Alamuddin Clooney et leurs deux enfants sont désormais Français. Le décret de naturalisation, signé le 26 décembre 2025 et publié au Journal officiel le lendemain, a surpris autant qu’il a enchanté. Mais derrière l’image glamour du couple le plus élégant d’Hollywood plane une controverse : cette naturalisation aurait-elle bénéficié d’un traitement de faveur ?

Une décision qui divise jusque dans le gouvernement

Alors que la nouvelle aurait pu n’être qu’une anecdote souriante de fin d’année, les propos de la ministre déléguée à l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, ont ravivé le débat. « Je comprends le sentiment de deux poids deux mesures », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer vouloir examiner la procédure. Selon elle, le message envoyé aux Français ordinaires, confrontés à un parcours administratif souvent qualifié de “combat”, mérite réflexion. Des demandeurs anonymes ont témoigné dans la presse d’un système “hyper lourd”, où chaque document, chaque entretien devient une épreuve.

Face à ces critiques, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a tenu à éteindre l’incendie : « Il n’y a eu aucun passe-droit », a-t-il assuré, saluant même « une grande chance pour la France » d’accueillir cette famille. Selon ses services, la procédure a suivi son cours normal, comprenant enquêtes administratives, vérifications sécuritaires et entretiens en préfecture, comme pour tout autre dossier. Le Quai d’Orsay a confirmé le respect du cadre légal, y compris le paiement des timbres fiscaux et la résidence effective dans le Var, où la famille vit une partie de l’année depuis 2021.

Entre prestige international et rigueur administrative

La base juridique de cette naturalisation se trouve dans l’article 21-21 du Code civil, permettant d’accorder la nationalité française à une personnalité étrangère contribuant « par son action émérite au rayonnement de la France et à la prospérité de ses relations économiques internationales ». En clair : une exception prévue pour des figures dont l’influence ou l’engagement bénéficient au pays. George Clooney, acteur oscarisé, réalisateur engagé et producteur de la marque de café Nespresso, et Amal Clooney, avocate de renom au service du droit international et des droits humains, incarnent cette dimension symbolique du soft power à la française.

Pour autant, leur cas réveille une vieille blessure : celle d’un sentiment d’injustice face à une administration réputée inflexible. Tandis que certains voient dans cette naturalisation un signal fort d’ouverture et de prestige, d’autres dénoncent un “deux poids deux mesures” qui fragilise la confiance dans les institutions. Entre admiration et exaspération, l’affaire Clooney illustre à sa manière la tension entre image et équité, entre rêve d’appartenance et réalité administrative.

Dans le Var, où les Clooney ont posé leurs valises, les habitants oscillent entre fierté et scepticisme. « C’est bien pour la France, mais il ne faut pas que ce soit seulement parce qu’il est célèbre », confie un voisin du domaine. Un sentiment partagé sur les réseaux sociaux, où les débats oscillent entre humour et indignation.

Reste que, sur le plan légal, aucun manquement n’a été relevé. Et qu’en dépit des polémiques, la famille Clooney peut désormais, officiellement, dire : “Nous sommes Français.”

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