L'Iran frappe la raffinerie de Ras Tanura : la production saoudienne suspendue
Ce lundi 2 mars 2026, l'Iran a frappé la raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus grandes installations pétrolières au monde. Des drones Shahed-136 ont touché le complexe saoudien en début de matinée, provoquant un incendie et l'arrêt immédiat des opérations. Cette attaque marque une escalade majeure dans le conflit régional déclenché par les frappes israélo-américaines du week-end.
La raffinerie de Ras Tanura, fleuron de Saudi Aramco situé sur la côte du golfe Persique, a été touchée par une vague de drones iraniens aux premières heures de ce lundi matin. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent d'épaisses colonnes de fumée noire s'élevant du site industriel, confirmant l'ampleur des dégâts.
Selon le ministère saoudien de la Défense, plusieurs drones entrants ont été interceptés, mais certains ont réussi à atteindre leur cible. « Certaines unités opérationnelles ont été arrêtées par mesure de précaution », a indiqué un porte-parole officiel. L'incendie a depuis été maîtrisé, et aucune victime n'a été signalée.
Une capacité de 550 000 barils par jour paralysée
Ras Tanura n'est pas une raffinerie ordinaire. Avec une capacité de traitement dépassant 550 000 barils de brut par jour, elle constitue un pilier essentiel de l'approvisionnement énergétique mondial. Son terminal d'exportation peut charger des millions de barils sur des tankers à destination des marchés internationaux.
L'arrêt des opérations, même temporaire, a provoqué une onde de choc sur les marchés. Le baril de pétrole brut a bondi proche des 80 dollars, enregistrant sa plus forte hausse en quatre ans. Le détroit d'Ormuz, déjà sous tension, voit le trafic maritime considérablement perturbé.
Cette attaque s'inscrit dans la troisième journée de représailles iraniennes baptisées « Promesse véridique 4 ». Depuis samedi, Téhéran a déclenché une série de frappes utilisant drones et missiles balistiques Khaybar contre plusieurs pays du Golfe, en réponse aux bombardements israélo-américains qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei.
Riyad hausse le ton, le Golfe en état d'alerte
L'Arabie Saoudite a immédiatement porté son niveau d'alerte militaire à son maximum. L'ambassadeur iranien a été convoqué, tandis que Riyad condamnait fermement ces « graves violations de la souveraineté et de la sécurité régionales ». Le royaume n'exclut pas de riposter en cas de nouvelle attaque concertée contre ses infrastructures pétrolières.
Du côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères Majid Takht-Ravanchi a nié toute responsabilité : « Nous avons déjà été en contact avec nos frères saoudiens concernant cette question. L'Iran n'est pas responsable de l'attaque contre les installations pétrolières en Arabie Saoudite. » Un démenti que peu d'observateurs jugent crédible au vu du contexte.
Le Qatar a également réagi avec fermeté, déclarant que « l'Iran doit payer le prix » de cette agression. Selon l'analyste Torbjorn Soltvedt de Verisk Maplecroft, cette attaque constitue « une escalade conséquente » qui pourrait « rapprocher l'Arabie Saoudite et les États du Golfe voisins d'une participation aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ».
La situation reste extrêmement volatile. Les frappes israélo-américaines lancées samedi ont déclenché un cycle de représailles dont nul ne peut prédire l'issue. L'économie mondiale retient son souffle, suspendue aux flammes de Ras Tanura.