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Tour de France Femmes 2026 : le parcours, le profil et les horaires de la 3e étape entre Genève et Poligny

La troisième étape du Tour de France Femmes 2026, disputée ce lundi 3 août entre Genève et Poligny, a marqué un tournant décisif dans cette édition helvético-française. Avec ses 156,5 kilomètres et 2 400 mètres de dénivelé positif à travers le massif du Jura, cette première véritable étape de montagne a permis à la Norvégienne Sigrid Haugset (UNO-X Mobility) de s'imposer devant Lorena Wiebes (SD Worx-ProTime) et Puck Pieterse (Fenix-Premier Tech). Un verdict qui redistribue les cartes avant l'arrivée mythique prévue à l'Alpe d'Huez.

Lancé le 25 juillet depuis Lausanne, le Tour de France Femmes 2026 affiche des ambitions inédites avec un départ en Suisse pour la première fois de son histoire moderne. Après deux étapes helvétiques – un contre-la-montre inaugural autour du lac Léman et une deuxième étape vallonnée – le peloton féminin a franchi la frontière française ce lundi pour entamer une semaine de haute montagne qui culminera à l'Alpe d'Huez, ascension mythique jamais escaladée par les femmes en compétition officielle.

Cette troisième édition du Tour de France Femmes, relancé en 2022 après des décennies d'absence, confirme la montée en puissance de l'épreuve. Les organisateurs ASO ont conçu un parcours de 1 285 kilomètres répartis sur huit étapes, avec une difficulté croissante destinée à départager les meilleures grimpeuses mondiales. Après le succès populaire des éditions précédentes, cette édition 2026 promet un spectacle encore plus intense avec l'arrivée en altitude à l'Alpe d'Huez, véritable juge de paix du cyclisme féminin international.

Un parcours jurassien exigeant : quatre cols pour entrer en France

Le tracé de cette troisième étape constituait une transition stratégique entre la Suisse et les Alpes françaises. Parti de Genève à 13h45, le peloton a immédiatement bifurqué vers le nord-est pour affronter le massif du Jura, chaîne montagneuse calcaire s'étendant entre la France et la Suisse, réputée pour ses pentes irrégulières et ses paysages forestiers.

Le premier obstacle majeur, le Col de la Faucille (11,4 km à 6,3%, culminant à 1 323 mètres d'altitude), a servi de première sélection. Situé à la frontière franco-suisse, ce col offre un panorama exceptionnel sur le lac Léman et le Mont-Blanc par temps clair. Ses pourcentages réguliers et son revêtement récemment refait en ont fait un terrain propice aux premières attaques des favorites au classement général. Les équipes SD Worx-ProTime et Canyon-SRAM ont imposé un rythme soutenu dès les premiers lacets, éliminant une trentaine de coureuses du groupe de tête.

La Côte de Lajoux (3,6 km à 5,6%, 1 198 m), deuxième difficulté du jour, traverse le Parc naturel régional du Haut-Jura. Plus courte mais technique, avec des passages à 8% dans le dernier kilomètre, elle a favorisé les puncheuses capables d'accélérations brutales. C'est dans cette section que la Française Évita Muzic (FDJ-Suez) a tenté une première échappée, rapidement contrôlée par le peloton.

Le Col de la Savine (5,6 km à 5,1%, 991 m), troisième ascension répertoriée, serpente à travers les forêts d'épicéas typiques du Jura. Son profil en deux temps – 3 km réguliers suivis de 2,5 km plus pentus – a permis aux équipes de récupération de replacer leurs leaders avant la finale. Les routes étroites et sinueuses ont rendu le placement dans le peloton crucial, provoquant plusieurs petites chutes sans gravité dans les virages en épingle.

Enfin, la Côte de Chaux-Champagny (1,8 km à 6,4%, 629 m), située à 15 kilomètres de l'arrivée, a constitué le dernier tremplin avant Poligny. Cette rampe sèche et pentue, avec des passages à 9%, a été le théâtre de l'attaque décisive de Sigrid Haugset, qui a creusé un écart de 35 secondes sur le groupe des favorites avant de gérer son avance dans la longue descente technique vers Poligny.

Une victoire norvégienne qui chamboule le classement général

Sigrid Haugset, 26 ans, a signé ce lundi la plus belle victoire de sa carrière. La grimpeuse de l'équipe UNO-X Mobility, formation norvégienne ProTeam engagée sur invitation, a parfaitement négocié la dernière ascension pour franchir la ligne avec 28 secondes d'avance sur un groupe de poursuivantes emmené par Lorena Wiebes, la sprinteuse néerlandaise de SD Worx-ProTime qui a démontré une nouvelle fois ses capacités en terrain vallonné.

La troisième place de Puck Pieterse (Fenix-Premier Tech) confirme la forme ascendante de la jeune Néerlandaise, championne du monde de cyclo-cross qui réalise une transition réussie vers la route. Son équipe canadienne mise beaucoup sur elle pour le classement général de ce Tour.

L'arrivée était jugée à Poligny, petite ville jurassienne de 4 000 habitants connue comme la « capitale du Comté ». Cette appellation fait référence au célèbre fromage AOP produit dans la région depuis le XIIIe siècle. Le retour du Tour dans cette cité médiévale a mobilisé toute la population : près de 15 000 spectateurs se sont massés le long des boulevards pour assister à l'arrivée, malgré une météo menaçante en fin d'après-midi.

Côté favorites au maillot jaune, la journée a été relativement calme. Les véritables explications sont attendues dans les Alpes, notamment lors des étapes décisives avec l'arrivée finale à l'Alpe d'Huez qui promet de couronner la meilleure grimpeuse du peloton mondial. La retransmission télévisée était assurée en direct sur France Télévisions à partir de 15h30, avec les commentaires de Marion Rousse, directrice du Tour de France. Les images aériennes ont particulièrement mis en valeur les paysages jurassiens et l'engagement physique des coureuses dans les ascensions.

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