Julien Courbet : un buraliste lui vole ses 30 000 € de gains au grattage
Une joueuse prénommée Clotilde a vu son rêve se transformer en cauchemar lorsque le buraliste chez qui elle avait gratté un ticket de Bingo gagnant a empoché à sa place les 30 000 euros de gains. Plus de dix ans après les faits, elle se bat toujours pour récupérer la totalité de son argent. Son histoire, relayée dans l'émission « Ça peut vous arriver » de Julien Courbet sur RTL, illustre un phénomène d'arnaque plus répandu qu'on ne le croit.
Les faits remontent à plusieurs années. Clotilde, cliente régulière d'un bureau de tabac, achète un ticket de grattage Bingo, un jeu proposé par la Française des Jeux (FDJ) pour une mise de 3 euros, avec un gain maximum de 30 000 euros. Ce jour-là, la chance lui sourit : son ticket est gagnant. Mais lorsqu'elle le confie au buraliste pour vérification, celui-ci profite de la situation. « Le buraliste a tout simplement encaissé les 30 000 euros à sa place », résume l'enquêtrice Mona Benabdelhak au micro de RTL.
Commence alors un véritable marathon judiciaire. Clotilde engage des poursuites contre le commerçant indélicat. Si la justice lui donne raison et condamne le buraliste à lui restituer l'intégralité de la somme, l'exécution du jugement se révèle bien plus compliquée. À ce jour, Clotilde n'a récupéré que 6 000 euros sur les 30 000 qui lui reviennent de droit. Elle court toujours après les 24 000 euros restants.
Un mode opératoire bien rodé chez certains buralistes
L'affaire de Clotilde n'est malheureusement pas un cas isolé. Plusieurs techniques frauduleuses sont documentées dans le milieu des points de vente FDJ. La plus courante consiste à profiter du fait que le client ne voit pas l'écran de la machine lorsque le ticket est scanné. Le buraliste annonce alors faussement que le ticket est perdant, le substitue avec un billet déjà joué récupéré dans sa poubelle, et encaisse les gains en toute discrétion.
D'autres méthodes existent. Certains détaillants grattent partiellement la case « Nul si découvert », un code de sécurité présent sur chaque ticket, pour déterminer à l'avance s'il est gagnant. Ils mettent alors de côté les billets gagnants et ne revendent que les perdants à leurs clients. En Essonne, la FDJ a elle-même poursuivi des gérants pour détournement de gains, après que des inspections avec de faux clients ont confirmé la fraude.
À Montpellier, une employée de bureau de tabac a été interpellée pour avoir volé 80 000 euros de jeux à gratter qu'elle allait encaisser dans d'autres points de vente. Au Havre, une autre salariée a détourné pour 180 000 euros de tickets sur une période de deux ans.
Comment se protéger contre ces arnaques
Face à ces pratiques, la FDJ recommande aux joueurs de toujours vérifier eux-mêmes le résultat de leurs tickets. L'application mobile FDJ permet de scanner le code-barres présent sur chaque reçu pour connaître instantanément le résultat, sans dépendre de la bonne foi du buraliste. « C'est le réflexe à adopter systématiquement », rappellent les services de la Française des Jeux.
Du côté juridique, les tickets peuvent être tracés grâce aux codes dissimulés sous la case « Nul si découvert ». La FDJ est en mesure de remonter jusqu'au lot d'origine des billets falsifiés ou volés, ce qui permet d'identifier le point de vente responsable. Les buralistes pris en flagrant délit risquent le retrait de leur agrément, 375 000 euros d'amende et jusqu'à cinq ans de prison pour abus de confiance et escroquerie.
L'émission « Ça peut vous arriver », diffusée du lundi au vendredi de 10h à 12h sur RTL, continue de se mobiliser pour Clotilde. Julien Courbet et son équipe, épaulés par l'enquêtrice Mona Benabdelhak, tentent de faire appliquer la décision de justice et de contraindre le buraliste à verser les 24 000 euros restants. Un combat qui rappelle que même lorsque la justice tranche en faveur de la victime, le chemin pour obtenir réparation reste semé d'embûches.