France : hantavirus du MV Hondius, un cas suspect hospitalisé à Marseille
Ce mardi 12 mai 2026, une jeune femme d'une trentaine d'années résidant à Juan-les-Pins a été transportée par le SAMU à l'Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Marseille pour une suspicion de contamination à l'hantavirus. Elle fait partie des 14 passagers français identifiés comme cas contacts à bord d'un vol Johannesburg-Amsterdam. Sa prise en charge en chambre à pression négative marque une nouvelle étape dans la gestion de l'épidémie qui a frappé le navire de croisière MV Hondius au début du mois de mai 2026.
Hospitalisée dans une unité d'isolement strict, la patiente présentait des symptômes compatibles avec une infection à hantavirus andino au moment de son admission à l'IHU de Marseille. Le dispositif de chambre à pression négative est réservé aux agents infectieux hautement contagieux : il empêche l'air intérieur de s'échapper vers l'extérieur, réduisant ainsi tout risque de transmission aérienne. Les autorités sanitaires locales ont immédiatement activé les protocoles de contact tracing pour identifier les personnes potentiellement exposées lors de son trajet de retour en France.
La cellule de crise régionale de l'Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d'Azur a été mobilisée dès l'annonce de l'hospitalisation. Plusieurs dizaines de personnels médicaux ont été astreints à des mesures de protection renforcées, en raison de la nature particulièrement dangereuse du virus des Andes, la souche identifiée à bord du MV Hondius. Les équipes de l'IHU, spécialisées dans les maladies infectieuses, se trouvent en première ligne face à cette menace sanitaire venue du bout du monde.
Le foyer épidémique du MV Hondius : une épidémie éclatée en pleine mer
Tout commence le 2 mai 2026 à bord du navire de croisière MV Hondius, qui naviguait dans les eaux de l'Atlantique Sud. Un foyer épidémique de hantavirus andino y est détecté, touchant plusieurs passagers dans des conditions particulièrement graves. À ce jour, trois personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres sont hospitalisées en état critique dans différents pays européens, suscitant une mobilisation internationale sans précédent pour ce type de pathologie.
Le virus des Andes — également désigné sous le nom de Hantavirus andino — se distingue des autres hantavirus par une caractéristique redoutable : il est transmissible d'homme à homme, par inhalation de gouttelettes respiratoires. Cette propriété le rend particulièrement dangereux dans des espaces confinés comme un navire de croisière, où la promiscuité entre passagers facilite la propagation du pathogène. Les autres hantavirus connus se transmettent principalement par contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections, rendant le virus des Andes bien plus imprévisible sur le plan épidémiologique.
Cinq ressortissants français se trouvaient à bord du MV Hondius et ont été rapatriés en France le 10 mai. L'une d'entre elles, dont l'identité n'a pas été divulguée par les autorités, a été testée positive par PCR à son arrivée sur le territoire national. Elle est actuellement hospitalisée à l'hôpital Bichat à Paris, dans un état décrit par les médecins comme «la forme cardiopulmonaire la plus sévère» de la maladie. Elle est maintenue sous assistance circulatoire extracorporelle — un poumon artificiel (ECMO) — témoignant de la violence avec laquelle le virus peut affecter l'organisme en quelques jours seulement.
La France face à l'hantavirus : 22 cas contacts placés sous surveillance étroite
Au 12 mai 2026, les autorités de santé françaises ont recensé au total 22 cas contacts sur l'ensemble du territoire national. Tous sont placés sous surveillance médicale étroite, avec des consignes d'isolement et de signalement immédiat des symptômes. Parmi eux, les passagers des vols de retour depuis Johannesburg figurent au premier rang des personnes suivies, en raison du risque de transmission aérienne propre au virus des Andes, qui peut se diffuser par de simples échanges respiratoires dans un espace partagé.
Santé Publique France a activé une cellule de suivi dédiée, en coordination avec les Agences régionales de santé concernées sur l'ensemble du territoire. Le ministère de la Santé a, quant à lui, diffusé une circulaire à l'attention des établissements hospitaliers pour les alerter sur les symptômes caractéristiques de l'hantavirus andino : fièvre brutale, douleurs musculaires intenses, puis détresse respiratoire rapide pouvant évoluer vers un syndrome cardiopulmonaire fatal en moins de quarante-huit heures après les premiers signes cliniques.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) suit de près l'évolution de la situation depuis le 5 mai. Dans une déclaration publiée le 7 mai, l'institution onusienne estimait qu'il était «possible» que d'autres cas soient signalés dans les prochains jours, compte tenu de la période d'incubation pouvant atteindre plusieurs semaines pour ce virus. L'OMS a également précisé collaborer étroitement avec les autorités sanitaires nationales de chaque pays ayant accueilli des passagers du MV Hondius.
La France rejoint ainsi plusieurs autres pays européens aux prises avec les retombées sanitaires du foyer du MV Hondius, dont l'épidémie représente l'un des rares cas documentés de transmission interhumaine du hantavirus andino hors du continent sud-américain. Les experts virologues rappellent que cette souche, endémique en Argentine et au Chili, n'avait jusqu'ici quasiment jamais provoqué de foyers épidémiques en dehors de son territoire d'origine. Cet épisode constitue donc un événement sanitaire mondial inédit, dont les enseignements façonneront durablement les protocoles de gestion des épidémies à bord des navires de croisière internationaux.