Marseille : les agents de sécurité de Grand Littoral dénoncent intimidations et répression syndicale
Une cinquantaine d'uniformes noirs et autant de témoignages de colère : devant le centre commercial Grand Littoral, dans les quartiers Nord de Marseille (15e-16e arrondissements), les agents de sécurité de la société Triomphe Sécurité se sont rassemblés pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'« intimidations » et de « répression syndicale » de la part de leur direction.
Ce nouveau rassemblement marque la troisième mobilisation des salariés en l'espace de quelques semaines. Après les grèves du 5 et du 26 décembre 2025, les agents n'entendent pas relâcher la pression. « Depuis le mouvement du 5 décembre, la direction se comporte de façon extrêmement virulente. Au lieu de se mettre autour de la table et discuter, ils préfèrent jouer l'intimidation », dénonce Reda Nibouche, secrétaire départemental CGT Sûreté des Bouches-du-Rhône.
Parmi les griefs avancés, deux agents affirment ne pas avoir reçu leur planning pour le mois de janvier. « C'est la première fois que je ne reçois pas mon planning à temps. À part moi et un collègue, tout le monde l'a eu », témoigne l'un d'eux, qui y voit une mesure de rétorsion. « C'est pour servir d'exemple », affirme le syndicaliste.
« Le centre commercial le plus dangereux de France »
Au-delà des tensions avec la direction, les agents dénoncent des conditions de travail particulièrement difficiles. « Le fer de lance de ce mouvement, c'est l'insécurité des salariés. Ils travaillent pour garantir la sécurité des clients dans ce qui est le centre commercial le plus dangereux de France », martèle Reda Nibouche. Il rappelle qu'un agent de sécurité a été poignardé sur le site il y a deux ans.
Mustapha, agent depuis plusieurs années, confirme : « J'ai travaillé dans d'autres centres commerciaux, à La Valentine et à Aix. L'ambiance n'a rien à voir. Ici, les agressions physiques et verbales font partie du quotidien. » Les témoignages font état de tentatives de vol avec armes sur les parkings, d'expositions aux gaz lacrymogènes et de violences lors des interpellations.
Kamel, agent de sécurité depuis 22 ans, pointe également la question salariale : « Depuis 20 ans, la prime de Noël n'a pas bougé avec l'inflation. Un agent de sécurité est payé en moyenne 1 500 euros en début de carrière. C'est très peu pour les risques que nous prenons. »
Une direction aux abonnés absents
Face à ces revendications, le silence des entreprises concernées est assourdissant. Ni la direction du groupe Klépierre, propriétaire du centre commercial, ni celle de Triomphe Sécurité, société de sécurité basée à Paris, n'ont répondu aux sollicitations de la presse. Une réunion prévue le 10 décembre s'est tenue sans que les salariés n'y soient conviés. Malgré un courrier envoyé pour connaître la teneur des échanges, ils attendent toujours une réponse.
Les agents réclament une revalorisation salariale tenant compte de l'inflation et des risques encourus, des coefficients adaptés à la classification « à risques » du site, ainsi que le respect de l'ensemble des employés. En France, d'autres secteurs ont connu des mobilisations similaires, comme les livreurs d'Uber Eats qui dénonçaient également leurs conditions de travail.
Pour la CGT Prévention sécurité 13, la situation à Grand Littoral illustre un malaise plus large dans la profession. De nouvelles mobilisations sont d'ores et déjà envisagées pour les semaines à venir. Les agents entendent poursuivre leur combat jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues.