Deepfake de Ronaldo : une victime piégée par une arnaque IA venue de Grèce
Une femme affirme avoir versé de l'argent à un escroc se faisant passer pour le footballeur Cristiano Ronaldo, dont l'image et la voix avaient été reproduites par intelligence artificielle dans une vidéo. L'affaire, rapportée par la presse grecque puis relayée en France par La République du Centre, s'est déroulée à Patras. Elle illustre un phénomène en forte croissance : l'utilisation de deepfakes de célébrités pour piéger des victimes isolées.
Selon le récit publié dans la presse locale, la victime, prénommée Nikoleta, avait d'abord été contactée sur les réseaux sociaux par une personne se présentant comme Cristiano Ronaldo. Son interlocuteur lui aurait proposé une aide financière, présentée comme liée à une démarche caritative. Pour recevoir cette somme, il lui aurait ensuite demandé de payer des frais destinés, selon ses explications, à « légaliser » l'opération.
C'est une vidéo générée par intelligence artificielle qui aurait achevé de la convaincre. Le faux Ronaldo y apparaissait filmé dans une voiture de luxe, s'exprimant en grec, un détail qui a renforcé la crédibilité du stratagème aux yeux de la victime. « Pour me convaincre qu'il ne s'agissait pas d'un voleur… », aurait-elle expliqué par la suite, selon les propos rapportés. Elle a fini par effectuer deux virements de 50 euros via le service de paiement instantané IRIS, largement utilisé en Grèce, pour un total de 100 euros.
Le montant reste modeste comparé à d'autres affaires révélées ces derniers mois, mais le mécanisme est identique à celui observé dans des dossiers bien plus lourds. Aucune suite judiciaire n'a été communiquée à ce stade dans cette affaire grecque, et l'identité réelle de l'auteur des faits n'a pas été établie publiquement.
Des deepfakes de célébrités de plus en plus sophistiqués
Ce type d'escroquerie, parfois qualifié d'arnaque sentimentale ou d'arnaque à l'investissement selon les cas, repose sur le même ressort : une célébrité connue et rassurante sert d'appât pour extorquer de l'argent à une victime convaincue de vivre un échange authentique. En France, plusieurs affaires impliquant des personnalités comme Brad Pitt ou Jean Reno ont été documentées, avec des montants nettement supérieurs. Une décoratrice d'intérieur avait ainsi versé plus de 800 000 euros à un escroc se faisant passer pour l'acteur américain, tandis qu'un homme aurait perdu 350 000 euros en suivant les indications d'un faux Jean Reno.
Ces arnaques ne se limitent plus à de simples photos volées ou à des profils usurpés. Les escrocs recourent désormais à des vidéos et des voix clonées grâce à l'intelligence artificielle générative, rendant l'illusion beaucoup plus difficile à percer, y compris pour des victimes prudentes. Sur mediaterranee.com, plusieurs enquêtes ont déjà documenté cette évolution, notamment sur l'usage croissant de l'IA générative dans les arnaques du quotidien.
Une explosion des signalements en France
Les autorités françaises observent une progression rapide de ce type de fraude. Selon plusieurs analyses relayées ces derniers mois, les tentatives d'escroquerie reposant sur des deepfakes auraient bondi de plusieurs centaines de points de pourcentage en un an, pour un préjudice cumulé estimé à près d'un milliard d'euros sur la seule année 2025 en France. Les pertes individuelles, elles, se chiffrent le plus souvent entre 2 000 et 12 000 euros par victime, un ordre de grandeur nettement supérieur au cas grec évoqué ici.
Les services de gendarmerie multiplient les messages de prévention, rappelant qu'aucune personnalité publique authentique ne sollicite jamais de virement ou de paiement par un canal privé. Les recommandations restent constantes : se méfier de tout contact non sollicité prétendant émaner d'une célébrité, vérifier l'identité de l'interlocuteur par un canal officiel avant tout versement, et ne jamais céder à l'urgence artificiellement créée par l'escroc. Mediaterranee.com avait déjà détaillé certains de ces mécanismes dans son article sur l'essor des arnaques dopées à l'intelligence artificielle.
Face à cette progression, plusieurs associations de consommateurs appellent à un renforcement de la vigilance des plateformes sociales, souvent utilisées comme premier point de contact par les escrocs. Les enquêteurs rappellent aussi que le dépôt de plainte, même pour de petites sommes, reste essentiel pour permettre le recoupement d'informations entre dossiers et, à terme, l'identification des réseaux organisés derrière ces campagnes.