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Canard enchaîné : une enquête qui vacille, un maire qui résiste (Abonnés)

Mis en cause par Le Canard enchaîné sur ses conditions d’emploi à la RATP, Bally Bagayoko ne s’est pas laissé faire. Et son employeur lui a apporté un soutien tacite en contredisant point par point les assertions les plus accablantes de l’hebdomadaire. Alors que deux plaintes ont été déposées et que la justice devra éventuellement trancher, une question persiste : le traitement médiatique réservé au maire LFI de Saint-Denis était-il à la hauteur des faits – ou des préjugés ?

À peine cinq mois après son élection à Saint-Denis, Bally Bagayoko est à nouveau pris dans une tempête médiatique. Mais cette fois, l’origine n’est pas un anonymat complice des réseaux sociaux, mais un journal au passé glorieux : Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire a fouillé le parcours professionnel de l’élu insoumis, et plus particulièrement son cumul, avant son mandat de maire, d’un poste de cadre à la RATP avec plusieurs fonctions électives locales.

Le sujet est légitime. Un élu qui travaille, des deniers publics potentiellement mobilisés, un emploi qui pourrait n’être qu’un titre : voilà des questions sérieuses. Mais une enquête se juge à la robustesse de ses preuves. Or, dès les premières révélations du Canard, la RATP et d’anciens responsables de l’entreprise ont apporté des correctifs qui ne sont pas des nuances : ce sont des démentis.

La Régie a d’abord rappelé que Bagayoko a été recruté en 2001 après des entretiens d’embauche, puis après une titularisation soumise à évaluation. Ce simple fait contredit l’insinuation d’une entrée sans contrôle. Quant à l’absence de concours, présentée comme un indice troublant, la RATP précise – ce que le Canard aurait pu vérifier lui-même – que ses agents sont des salariés de droit privé, et non des fonctionnaires. Il n’existe donc pas de concours au sens de la fonction publique. L’omission est gênante.

 

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