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Marseille : quand les balles frappent au hasard, la mort devient aveugle

Dimanche 4 janvier 2026, peu après 21h30, le quartier Belsunce de Marseille a été le théâtre d une nouvelle fusillade mortelle. Un homme d une quarantaine d années s est effondré, touché par plusieurs balles au thorax. Selon les enquêteurs, il n était pas la cible visée. Une victime collatérale de plus dans une guerre des gangs qui ne fait plus de distinction entre combattants et passants.

La scène s est déroulée rue des Petites-Maries, à deux pas de la Canebière, dans un secteur gangrené par les trafics. Trois individus cagoulés, vêtus de noir, ont surgi à bord d un véhicule. Deux d entre eux étaient armés de fusils d assaut. En quelques secondes, une dizaine de coups de feu ont retenti.

« Ils se sont revendiqués de la DZ Mafia », rapportent les premiers témoins aux enquêteurs. Cette organisation criminelle, responsable selon les services de renseignement de 80 % des règlements de comptes marseillais ces dernières années, impose sa loi par la terreur dans les quartiers populaires de la cité phocéenne.

La victime se trouvait à proximité d un point de deal et de vendeurs de cigarettes de contrebande. Elle n avait rien à voir avec les trafics, selon les premières constatations du parquet de Marseille. Un second homme a été blessé au mollet lors de cette fusillade. Le véhicule des assaillants, faussement immatriculé, a été retrouvé incendié quelques heures plus tard dans le 15e arrondissement.

Un mode opératoire terrorisant

Ce drame illustre la dérive du narcobanditisme marseillais. Les tireurs ne cherchent plus seulement à éliminer des rivaux. Ils tirent dans le tas, à l aveugle, pour intimider, terroriser, et marquer leur territoire. Peu importe qui tombe.

Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, avait déjà alerté sur cette évolution lors de l affaire Kessaci en novembre 2025. « Si tel devait être le cas, on aurait franchi une étape supplémentaire. Ça rappelle un certain nombre de périodes terribles connues dans notre pays », avait-il déclaré, évoquant l hypothèse d assassinats d avertissement.

Deux individus ont été interpellés dans la nuit par la BAC Nord. Ils étaient en possession de masques chirurgicaux, de cartouches de chasse, d un bidon d essence et de stupéfiants. Leur lien avec la fusillade fait l objet d investigations approfondies.

Belsunce, un quartier abandonné à la violence

Pour les habitants et commerçants de Belsunce, ce drame n est qu un épisode de plus dans un quotidien devenu invivable. « C est pas Marseille ici, c est Chicago ! », lâche Antranik, résident du quartier depuis 35 ans. Une pétition circule pour réclamer une présence policière continue.

Ali Timizar, président de l Association des commerçants de Belsunce, tire la sonnette d alarme : « Ce que nous redoutions le plus est arrivé. Les commerçants, les habitants n en peuvent plus et ont peur. » Certains artisans ont déjà quitté le quartier.

Selon un décompte de l AFP, 19 personnes ont perdu la vie dans des narchomicides en 2025 dans les Bouches-du-Rhône. Parmi elles, plusieurs victimes collatérales, inconnues des services de police et de justice. Des passants, des riverains, des vies fauchées par des balles qui ne leur étaient pas destinées. Comme dans un attentat, la mort frappe désormais au hasard dans les rues de Marseille.

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