Gabriel Souleyka répond aux accusations d'antisémitisme et de révisionnisme
L'écrivain et historien Gabriel Souleyka fait l'objet d'une campagne médiatique virulente depuis que CNews a diffusé un extrait de sa conférence du 19 novembre 2024 à la Grande Mosquée de Paris. Accusé d'antisémitisme et de révisionnisme par la LICRA, le CRIF et plusieurs médias, l'auteur de "Voleur d'âme" et "Insoumis" a publié une vidéo pour exercer son droit de réponse et réfuter catégoriquement ces accusations.
Dans cette vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Gabriel Souleyka revient sur la polémique née de propos tenus lors des "Mercredis du Savoir" à la Grande Mosquée de Paris. Lors de cette conférence consacrée à son livre Insoumis, premier volume d'une trilogie sur la guerre d'Algérie, l'écrivain avait comparé le nombre de victimes du conflit algérien à celui de la Shoah, mentionnant "1,5 million de morts" côté algérien face à "1 million" pour la Shoah.
"Quand je dis un million, je pensais à Auschwitz", explique Souleyka dans sa vidéo de réponse. "J'ai écrit le livre Voleur d'âme qui traite de la Shoah, dans lequel je dénonce l'extermination de 6 millions de personnes dans les camps de concentration." L'auteur reconnaît une confusion orale, invoquant un état grippal le jour de la conférence et le fait qu'il s'exprimait sans notes.
Une défense point par point
Gabriel Souleyka rappelle son parcours d'historien engagé dans la transmission de l'histoire africaine et des génocides. "J'ai donné une conférence à l'Union française juive pour la paix, où il y a d'anciens déportés, des gens du MRAP qui m'ont reçu. J'ai parlé longuement de la Shoah", souligne-t-il. L'écrivain, auteur d'une dizaine d'ouvrages principalement sur l'esclavage et l'histoire coloniale, affirme n'avoir jamais tenu de propos antisémites sur ses réseaux ou dans ses publications.
L'auteur dénonce également ce qu'il perçoit comme une attaque coordonnée. "Éric Naulleau a porté ces propos à mon encontre. Le Journal du Dimanche ainsi que Valeurs Actuelles ont repris ces propos, repartagés des milliers de fois sur X en me qualifiant d'antisémite et de révisionniste", détaille-t-il. La Ligue de défense juive et le président de la LICRA, qui a annoncé son intention de déposer plainte, ont également relayé ces accusations.
Des actions juridiques annoncées
Face à ce qu'il qualifie d'accusations "totalement délirantes, diffamatoires et calomnieuses", Gabriel Souleyka annonce des actions en justice. "Nous allons mettre en place des actions, exercer notre droit de réponse", prévient-il, tout en demandant un droit de réponse sur les chaînes qui l'ont mis en cause.
L'écrivain réfute également toute assimilation aux négationnistes historiques. "Ne me mettez pas dans la même case que des négationnistes comme Faurisson. Je ne serai jamais dans cette case-là", insiste-t-il. Il rappelle avoir condamné publiquement les attentats antisémites en Australie et appelé à ne pas stigmatiser les Juifs en raison de la politique du gouvernement israélien.
Cette polémique intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains médias et la Grande Mosquée de Paris. Le recteur Chems-Eddine Hafiz, qui avait reçu Gabriel Souleyka pour la présentation de Voleur d'âme en 2024, n'a pas encore réagi publiquement aux accusations. La devise de l'écrivain, "Apprendre son histoire est un acte de résistance", résonne désormais différemment alors qu'il se retrouve au cœur d'une bataille mémorielle aux enjeux judiciaires.
Source : Vidéo YouTube de Gabriel Souleyka, "Antisémite ? Révisionnisme ?", janvier 2026.