Paris : les locations meublées touristiques en net recul après les JO 2024
Le marché parisien des locations meublées touristiques traverse une phase de correction après avoir atteint des sommets historiques pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Selon les dernières données de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), le nombre d'annonces sur les plateformes comme Airbnb a sensiblement diminué, passant de près de 98 000 en juillet 2024 à environ 86 000 en octobre 2025.
Cette contraction du marché s'explique par plusieurs facteurs convergents. D'abord, l'effet d'aubaine lié aux JO s'est rapidement estompé. De nombreux propriétaires avaient mis leur logement en location durant l'été olympique, espérant profiter de l'afflux massif de visiteurs. Mais la réalité a été plus nuancée : les prix ont chuté faute de demande suffisante, et le retour à la normale a été brutal pour certains investisseurs.
La professionnalisation du secteur constitue également un facteur déterminant. « On observe une concentration croissante de l'offre entre les mains d'acteurs professionnels », souligne l'Apur dans son rapport. Les particuliers qui louaient occasionnellement leur résidence principale se font plus rares, découragés par la complexité administrative croissante.
Une réglementation durcie depuis janvier 2025
La Ville de Paris a considérablement renforcé son arsenal réglementaire. Depuis le 1er janvier 2025, la durée maximale de location d'une résidence principale sur les plateformes a été réduite de 120 à 90 jours par an. Cette mesure, adoptée à l'unanimité par le Conseil de Paris, place la capitale française parmi les villes les plus restrictives d'Europe en la matière. Madrid a récemment emboîté le pas avec une amende record de 64 millions d'euros infligée à Airbnb.
Les sanctions ont été parallèlement alourdies. Les propriétaires dépassant la limite des 90 jours risquent désormais une amende pouvant atteindre 15 000 euros. En cas de changement d'usage illégal, la pénalité peut grimper jusqu'à 100 000 euros, contre 50 000 euros auparavant. La mairie a intensifié ses contrôles avec plus de 11 500 logements inspectés en 2024.
Un enjeu majeur pour le logement parisien
Cette politique s'inscrit dans un contexte de tension extrême sur le marché immobilier parisien. Avec plus de 95 000 meublés touristiques déclarés, dont 78 000 résidences principales transformées en hébergements temporaires, la municipalité estime que le phénomène a pris une ampleur démesurée. Avant les JO, les annonces Airbnb avaient connu une hausse spectaculaire.
Airbnb conteste cette analyse. La plateforme américaine, pour laquelle la France représente le deuxième marché mondial, argue que les meublés touristiques ne représentent que 0,03 % du parc locatif à long terme de la capitale. Elle pointe plutôt du doigt les 268 500 logements vacants, soit 19,2 % du parc parisien.
Malgré ce recul, le marché reste à un niveau élevé. Les 86 000 annonces actuelles, dont 75 000 logements entiers, témoignent de l'ancrage durable de ce mode d'hébergement dans le paysage touristique parisien. La question de l'équilibre entre attractivité touristique et accès au logement pour les résidents demeure au cœur des débats.