sfy39587stp17
Aller au contenu principal

« Regime Change » : le livre qui fait redouter une taupe à la Maison-Blanche

Un livre fait trembler le pouvoir américain. À quelques jours de sa publication, le 23 juin, « Regime Change », signé par les journalistes du New York Times Maggie Haberman et Jonathan Swan, sème la panique dans l'entourage de Donald Trump. En cause : des comptes rendus si précis de réunions tenues dans la Situation Room, le saint des saints sécuritaire de la Maison-Blanche, que beaucoup y voient la marque d'une taupe ou, pire, de bandes sonores dérobées.

La Situation Room est censée être l'un des lieux les plus hermétiques de la planète. C'est là, dans une salle blindée et déconnectée, que se prennent les décisions les plus sensibles de la première puissance mondiale. Or les extraits déjà diffusés par le New York Times rapportent des échanges au mot près, comme si un micro avait tourné en continu. De quoi glacer le sang des plus hauts responsables américains.

Selon le site Axios, plusieurs collaborateurs de premier plan redoutent que les deux reporters aient pu mettre la main sur des enregistrements audio de ces réunions. Une telle fuite constituerait une violation sans précédent du secret d'État. Le vice-président JD Vance lui-même s'est dit « légitimement inquiet » à l'idée que des bandes de la Situation Room aient pu être transmises au quotidien new-yorkais.

Le poids des deux auteurs ajoute à l'onde de choc. Maggie Haberman, figure incontournable de la couverture du trumpisme et lauréate du prix Pulitzer, connaît mieux que quiconque les rouages de l'entourage présidentiel, qu'elle suit depuis la première campagne de 2016. Jonathan Swan, lui, s'est forgé une réputation de spécialiste des coulisses du pouvoir grâce à des scoops retentissants. Leur association, et la caution du New York Times, donnent au livre un crédit que la Maison-Blanche peine à entamer par de simples démentis.

Une taupe, des micros ou mille sources ?

L'hypothèse d'une taupe unique hante les couloirs de l'aile ouest. Sur les plateaux américains, le journaliste Don Lemon a pointé du doigt celui qu'il considère comme « le plus grand fuiteur » de l'administration, désignant nommément le vice-président JD Vance. Une accusation que rien ne vient étayer, mais qui illustre le climat de suspicion généralisée qui s'est installé au sommet de l'exécutif.

La réalité est sans doute plus prosaïque. Pour bâtir leur enquête, Maggie Haberman et Jonathan Swan ont mené plus de mille entretiens. La précision de leurs récits pourrait donc résulter d'un patient travail de recoupement auprès de multiples sources, plutôt que d'une seule gorge profonde. Reste que la Maison-Blanche n'a, à ce jour, pas démenti la teneur des dialogues retranscrits, ce qui en dit long sur leur crédibilité.

Deux dossiers explosifs nourrissent les passages les plus commentés du livre. Le premier concerne la gestion de la guerre menée contre l'Iran, avec des échanges attribués au secrétaire d'État Marco Rubio sur les scénarios de changement de régime à Téhéran. Le second touche à la déflagration politique provoquée par les fichiers Epstein, qui empoisonnent durablement la présidence.

L'ombre d'Epstein et de l'Iran sur l'exécutif

Le livre révèle que les plus proches conseillers de Donald Trump auraient tenu plusieurs réunions de gestion de crise dans la Situation Room pour tenter de contenir le scandale des fichiers Epstein. Autour de la table, le vice-président JD Vance et la cheffe de cabinet Susie Wiles auraient débattu de la marche à suivre face à une affaire qui ne cesse de rebondir et de viser l'entourage présidentiel.

Cette mécanique du secret éventé place la Maison-Blanche dans une position délicate. Habituée à démentir fermement les rumeurs qui visent le président, l'administration peine cette fois à colmater la brèche, faute de pouvoir contester des verbatims aussi détaillés. La traque interne du ou des fuiteurs s'annonce d'autant plus tendue que la confiance, denrée rare au sommet de l'État, vole en éclats.

Au-delà du feuilleton, « Regime Change » pose une question vertigineuse pour la sécurité nationale américaine : si même la Situation Room n'est plus étanche, quel secret peut encore être protégé ? La publication du 23 juin promet de relancer une chasse aux sorcières dans une administration déjà fragilisée par les divisions internes et par les scandales à répétition. Entre paranoïa et règlements de comptes, le pouvoir américain devra désormais composer avec la certitude que ses murs les mieux gardés peuvent parler. La Maison-Blanche, elle, retient son souffle.

sfy39587stp16