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Question du député Delogu sur Trident : la polémique relance le débat sur l'affaire de cocaïne de l'OFAST

Le député La France insoumise Sébastien Delogu a créé la polémique en évoquant publiquement l'affaire Trident, ce scandale impliquant des policiers de l'Office anti-stupéfiants de Marseille accusés d'avoir fait disparaître près de 400 kg de cocaïne. Ses déclarations ont déclenché une vive réaction des autorités et relancé le débat sur cette affaire qui ébranle la police depuis 2023.

Lors d'un meeting à Villeneuve-d'Ascq le 17 janvier 2026, le député Sébastien Delogu a déclaré : « Il y avait des kilos de cocaïne qui ont été commandés par l'État et qui avaient disparu, et l'argent était caché ». Des propos qui ont immédiatement déclenché une vive polémique et une enquête pour diffamation ouverte par le parquet.

Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a vivement condamné ces déclarations, rappelant que « l'État, l'ensemble des fonctionnaires... combattent le trafic ». Le 21 janvier, lors des questions au gouvernement, Laurent Nunez a assuré que l'affaire était traitée de manière exemplaire par la justice.

L'affaire Trident : retour sur les faits

Tout avait commencé en février 2023 lorsque l'OFAST de Marseille, en collaboration avec la Drug Enforcement Administration américaine (DEA), avait lancé une opération d'envergure baptisée « Trident ». L'objectif était de démanteler le réseau de Mohamed Djeha, surnommé « Mimo », un gérant de plusieurs points de deal marseillais. Une cargaison de cocaïne dissimulée dans des bananes devait être interceptée au port de Marseille.

Les enquêteurs s'attendaient à environ 200 kg de drogue. Ce sont finalement près de 400 kg qui sont arrivés sur le territoire français à la mi-mars 2023. Mais l'opération a viré au cauchemar : le « réseau Mimo » n'est jamais venu récupérer la marchandise. Aucune interpellation n'a eu lieu et la cocaïne s'est évaporée dans la nature.

Les investigations menées par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont révélé une réalité accablante. Les juges soupçonnent les agents de l'OFAST d'avoir organisé l'écoulement de la drogue via leurs propres informateurs, en dehors de tout contrôle hiérarchique. Les écoutes téléphoniques ont mis au jour des échanges portant sur la cession d'au moins 360 kg de cocaïne.

Des mises en examen en cascade

En avril 2024, les premières mises en examen sont tombées. Deux policiers de l'antenne marseillaise ont été poursuivis pour trafic de stupéfiants en bande organisée, importation, blanchiment, association de malfaiteurs et faux en écritures publiques. L'affaire a pris une dimension encore plus spectaculaire lorsque la cheffe de l'OFAST de Marseille et son adjoint ont été à leur tour mis en examen.

Sept personnes au total, dont deux commissaires, sont désormais dans le viseur de la justice. Le bureau d'une vice-procureure chargée de superviser l'opération a même fait l'objet d'une perquisition par l'IGPN. Ce scandale rappelle les dérives qui avaient conduit à la dissolution de l'ancien Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en 2019. L'affaire Trident pose une question fondamentale : comment lutter efficacement contre le narcotrafic quand certains de ceux chargés de le combattre sont soupçonnés d'en être des acteurs ?

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