Trafic maritime Maghreb–Europe : traversées annulées et voyageurs bloqués
Au lendemain de la tempête Harry, le trafic maritime entre l’Europe et le Maghreb reste paralysé. Des centaines de passagers sont bloqués dans les ports de Marseille, Alger, Oran et Tunis, en raison de vents persistants et d’une mer encore démontée. Une situation qui souligne la dépendance croissante des échanges transméditerranéens aux aléas climatiques.
Depuis mercredi soir, plusieurs traversées de Corsica Linea et d’Algérie Ferries ont été suspendues ou reportées. *« Les conditions en mer demeurent trop dangereuses pour autoriser la navigation »*, a indiqué un responsable portuaire de Marseille. La compagnie tunisienne CTN a également dû immobiliser plusieurs navires, notamment sur la ligne Marseille–Tunis.
Les voyageurs, souvent des familles ou des travailleurs transfrontaliers, font part de leur désarroi. *« Nous devions rentrer à Alger pour la reprise des cours, tout est annulé sans nouvelle date »*, raconte Amel, étudiante en architecture. Dans les halls de gare maritime, des dizaines de passagers dorment à même le sol, dans l’attente d’informations fiables.
Un choc économique et logistique pour les deux rives
Ces perturbations ont des répercussions importantes sur les échanges commerciaux. Des camions transportant des denrées périssables ou du matériel industriel sont bloqués dans les ports. *« Chaque jour d’arrêt, ce sont des dizaines de milliers d’euros de pertes »*, alerte un représentant du syndicat des transporteurs tunisiens.
La situation relance le débat sur la résilience logistique du corridor maritime méditerranéen. Selon Maghreb Émergent, les compagnies réfléchissent à des plans d’adaptation climatique, incluant la modernisation des navires et la création de plateformes portuaires plus résistantes. En attendant, les autorités locales appellent à la patience et à la prudence. *« Mieux vaut un retard qu’un drame »*, résume un marin d’Oran, les yeux fixés sur une mer toujours en furie.