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RN et Steve Bannon : quand Sébastien Chenu nie l'indéniable en direct

Invité sur le plateau de BFM TV, le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu a catégoriquement nié toute relation entre Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump, et le parti de Marine Le Pen. Un déni spectaculaire, pulvérisé en quelques secondes par les archives télévisées. Retour sur un moment de télévision aussi édifiant qu'embarrassant pour le vice-président de l'Assemblée nationale.

La séquence a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Face à la journaliste, Sébastien Chenu est catégorique : « Non, il ne nous a rien conseillé du tout, Steve Bannon. Bannon n'a aucune proximité avec nous », assure-t-il sans ciller. Une affirmation tranchante, prononcée avec l'aplomb de celui qui pense que la mémoire collective est courte.

Sauf que la journaliste n'a pas l'intention de laisser passer. « Mais Marine Le Pen elle-même avait expliqué qu'elle était conseillée par Steve Bannon pour le financement », relance-t-elle. Le porte-parole du RN ne vacille pas : « Non, elle n'a pas dit ça. » C'est précisément à cet instant que son visage trahit ce que ses mots tentent de dissimuler. Il sait ce qui arrive.

Les archives, cette arme fatale

Car la rédaction a préparé son coup. Un extrait de Marine Le Pen sur BFM TV, daté du 12 mai 2019, est diffusé en direct. On y entend la présidente du RN déclarer, sans aucune ambiguïté : « En revanche, Steve Bannon est de très bon conseil pour pouvoir faire des levées de fonds, qui sont nécessaires évidemment auprès des Français, auprès de nos électeurs, pour nous permettre de les défendre mieux. »

Le mensonge de Chenu percute alors la réalité, selon l'expression de la vidéo devenue virale, « à 130 km/h ». L'embarras est palpable. Le porte-parole du RN se retrouve pris au piège de ses propres dénégations, contredit non pas par un adversaire politique, mais par les mots de sa propre cheffe de file.

Cet incident n'est pas anodin. Il s'inscrit dans une longue histoire de relations ambiguës entre le Rassemblement national et l'idéologue américain. Dès mars 2018, Steve Bannon était l'invité d'honneur du congrès du parti à Lille. Le documentaire The Brink avait ensuite montré des échanges entre Bannon et des cadres du RN, dont Louis Aliot et Jérôme Rivière, autour de la question du financement du parti.

Un déni devenu intenable

Ces dernières semaines, le dossier est revenu en force avec la publication des documents Epstein mentionnant Marine Le Pen et le RN dans des échanges sur un financement. En janvier 2026, Steve Bannon accordait sa première interview télévisée depuis 2019 à Complément d'enquête, évoquant à nouveau ses liens avec le parti de Marine Le Pen. Le stratège américain a même déclaré soutenir la présidente du RN dans l'espoir de « tuer l'Union européenne ».

Dans ce contexte, la tentative de Sébastien Chenu d'effacer l'histoire apparaît non seulement maladroite, mais profondément révélatrice. Comme le soulignent plusieurs observateurs, le RN se trouve aujourd'hui dans une position inconfortable : entre la volonté de se dédiaboliser sur la scène nationale et des liaisons internationales de plus en plus difficiles à dissimuler.

Le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste des nationalismes, résumait récemment la situation : « Dire aujourd'hui qu'ils n'ont jamais été trumpistes est excessif. » L'épisode Chenu sur BFM TV en est la démonstration la plus éclatante. Quand on débunke les troupes de Bardella, comme le conclut la vidéo virale, on ne s'ennuie décidément jamais.

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