L'Iran impose un blocus total du détroit d'Ormuz après les frappes américano-israéliennes
Ce samedi 28 février 2026, l'Iran a annoncé la fermeture totale du détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial. Cette décision intervient en représailles aux frappes militaires conjointes menées par les États-Unis et Israël contre des sites stratégiques iraniens, marquant une escalade sans précédent des tensions au Moyen-Orient.
La marine des Gardiens de la révolution islamique a diffusé un message radio VHF interdisant à tout navire de traverser le détroit, rapporte l'agence Reuters. Cette annonce a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux, le détroit d'Ormuz constituant l'un des points de passage les plus stratégiques de la planète.
Chaque jour, environ 20 millions de barils de pétrole transitent par ce corridor de 34 kilomètres de large, représentant près de 20% de la consommation mondiale. Le gaz naturel liquéfié n'est pas en reste : un cinquième des expéditions mondiales de GNL emprunte cette voie maritime, le Qatar fournissant la majorité de ces volumes.
Une riposte aux frappes américano-israéliennes
Cette fermeture constitue la réponse directe de Téhéran aux opérations militaires lancées plus tôt dans la journée par Washington et Tel-Aviv. Selon les premières informations, plusieurs sites ont été ciblés dans la capitale iranienne et dans d'autres villes du pays. L'Iran a répliqué par des tirs de missiles contre plusieurs capitales régionales, dont Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.
« L'attaque américano-israélienne augmente dramatiquement les risques de sécurité pour les navires opérant dans le Golfe arabique », a averti Jakob Larsen, responsable de la sécurité chez l'association maritime Bimco. Les navires ayant des liens commerciaux avec les États-Unis ou Israël sont particulièrement exposés, mais d'autres bâtiments pourraient également être ciblés.
Cette fermeture n'est pas totalement inédite. Le 17 février dernier, l'Iran avait déjà partiellement fermé le détroit pendant quelques heures pour des exercices militaires avec tirs réels. Cette démonstration de force intervenait alors que des négociations nucléaires se tenaient à Genève avec les États-Unis, négociations qui ont depuis échoué.
Des conséquences économiques mondiales
Les analystes redoutent une flambée des prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril si cette fermeture se prolonge. La Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud, qui représentent ensemble 69% des flux pétroliers transitant par le détroit, seront les premiers touchés. L'Europe, déjà fragilisée par la crise énergétique, pourrait subir de nouveaux effets inflationnistes graves.
La Grèce a d'ores et déjà recommandé aux navires battant son pavillon d'éviter la région. D'autres pays pourraient suivre, forçant les pétroliers à emprunter la route bien plus longue du Cap de Bonne-Espérance. Les assureurs maritimes ont également commencé à revoir leurs tarifs à la hausse pour la zone.
Jamais depuis la guerre Iran-Irak des années 1980, lorsque Téhéran avait miné le détroit, la communauté internationale n'avait été confrontée à une telle menace sur cette voie maritime vitale. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer la durée de ce blocus et ses répercussions sur l'économie mondiale.