Algérie : les caisses débordent, la pauvreté s’accroît et les haragas périssent en mer
Plus de 80 milliards de dollars de revenus cette année ! Les caisses débordent en Algérie mais des millions d’Algériens continuent à vivre dans une grande pauvreté.
Plus de 20% de la population, soit 6,5 millions, disposent de moins de deux dollars par jour, selon les estimations des programmes des Nations Unies pour le développement et de la Banque Mondiale.
Les employés qui touchent des salaires variant entre 12 et 35 mille dinars, soit à peine de quoi joindre les deux bouts pour une famille moyenne, constituent plus de 60% de la masse salariale. Moins de 10% de celle-ci représente des rémunérations estimées entre 60 et 300 mille dinars.
Et la statistique des institutions internationales est particulièrement éloquente, qui indique que 42,6% des revenus profitent largement aux couches les plus aisée (20%). Tandis que 2,8% seulement sont orientés vers la satisfaction des besoins d’une faible proportion de démunis (10%).
Ainsi, le pays ne cesse d’engranger des recettes pétrolières faramineuses, mais une grande majorité de citoyens et de ménages ne voit pas l’ombre d’une amélioration dans sa condition sociale. A l’inverse, les inégalités continuent à se creuser, entre une minorité de nouveaux riches engraissés par l’économie de bazar, une sorte de « nomenclatura » accrochée à la rente et le reste, tout le reste, notamment ces jeunes qui cherchent désespérément à fuir au prix de leur vie.
La libéralisation accélérée de l’économie va nécessairement augmenter la masse des laissés-pour-compte.
Sans doute trop occupés à préparer le terrain au troisième mandat de Bouteflika, les partis de la coalition islamo-conservatrice aux commandes se soucient comme d’une guigne de la situation sociale.
Triste constat: le pouvoir algérien donne l’insupportable impression de vouloir abandonner les plus défavorisés à leur triste sort sur le chemin de la croissance.