Le Harlem Shake, une danse qui scandalise les biens pensants des nouveaux régimes égyptiens et tunisiens dont l'autoritarisme n'a rien à envier à celui de leurs prédécesseurs déchus.
Les mouvements clownesques et anarchiques invitent au rire libérateur ; ils sont à mille lieux des règles de bienséance des islamistes au pouvoir que les danseurs affublés de barbe et de kamis renvoient à leur vraie nature charnelle et indécente.
Le burlesque des corps tressautants fait voler en éclats les entraves, les fausses pudeurs et les moralités bigotes enracinées de gré ou de force dans les esprits dominés.
Un défi des corps qui, dans leur nudité quasi-originelle, s’affirment comme espace ultime d’expression politique après que tous les autres moyens de contestation se sont avérés vains.
Quand le règne de l’arbitraire et de la censure atteint son paroxysme, le corps fragile se rebelle et se saisit du flambeau qu'allume l'irréversible élan vers la liberté.