AAH en 2026 : conditions, montant et démarches pour la demander
Vous vivez avec un handicap et vos revenus sont faibles ? L'allocation aux adultes handicapés garantit un revenu minimum. Conditions, montant, dossier MDPH, délais, cumuls et recours : tout ce qu'il faut savoir en 2026.
L'AAH est versée par la Caf ou la MSA aux personnes d'au moins 20 ans dont le taux d'incapacité atteint 80 %, ou 50 à 79 % avec une restriction durable d'accès à l'emploi, et dont les revenus restent sous un plafond. En 2026, elle atteint au plus 1 041,59 € par mois. La demande se dépose à la MDPH, qui a 4 mois pour répondre.
L'allocation aux adultes handicapés (AAH) est un revenu minimum pour les personnes dont le handicap limite fortement la capacité à travailler. Elle dépend de deux décisions distinctes : la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) juge le handicap, puis la Caf, ou la MSA pour les assurés agricoles, calcule et verse l'allocation selon vos ressources. Les règles ci-dessous concernent la métropole et les départements d'outre-mer, Mayotte ayant ses propres montants.
Dans ce guide
Les conditions pour toucher l'AAH
Quatre conditions se cumulent : un taux d'incapacité, un âge, une résidence et des ressources. Elles sont détaillées sur la fiche allocation aux adultes handicapés de service-public.fr, vérifiée le 14 septembre 2026.
Un taux d'incapacité fixé par la CDAPH
Le taux est fixé par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), au sein de la MDPH, à partir d'un guide-barème officiel. Il doit être d'au moins 80 %. Un taux de 50 à 79 % suffit si le handicap entraîne une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi : des difficultés importantes pour trouver ou garder un emploi, que des aménagements comme un poste adapté ne compensent pas, et qui doivent durer au moins un an à compter de la demande.
Un âge minimum de 20 ans
Il faut avoir au moins 20 ans. L'âge descend à 16 ans si vous n'êtes plus considéré comme à la charge de vos parents pour les prestations familiales, par exemple après avoir quitté le domicile familial.
Une résidence stable en France
Il faut résider en France de façon stable et régulière. Un ressortissant européen ou d'un autre pays doit y vivre depuis plus de 3 mois, sauf s'il travaille, et un étranger hors Union européenne doit en plus avoir un titre de séjour valide ou le récépissé de sa demande de renouvellement. Pour un projet d'installation à l'étranger, Mon Parcours Handicap conseille de contacter le consulat : les aides liées au handicap y sont différentes.
Des ressources sous un plafond
Les revenus retenus sont ceux de l'avant-dernière année : pour une demande faite en 2026, le revenu net catégoriel de l'avis d'imposition 2024. Les salaires, pensions et revenus d'indépendant ne comptent qu'en partie ; les loyers perçus comptent en totalité.
Montant et plafonds de ressources en 2026
Sans aucune ressource, vous touchez l'AAH à taux plein : 1 041,59 € par mois, quel que soit votre taux d'incapacité, selon service-public.fr (page vérifiée le 14 septembre 2026). Si vous avez des revenus, la Caf verse la différence entre ce montant et vos ressources. L'allocation n'est pas imposable. Elle est revalorisée une fois par an, au 1er avril : pour avril 2027, la Commission des comptes de la Sécurité sociale estime la hausse à environ 2,3 %.
Depuis le 1er octobre 2023, l'AAH est déconjugalisée : seuls vos revenus personnels comptent, ceux de votre conjoint ne sont plus pris en compte. Si l'ancien calcul, qui intégrait le couple, vous est plus favorable, la Caf le garde automatiquement, jusqu'au jour où il cesse de l'être : le passage au calcul individuel est alors définitif.
| Enfants à charge | Calcul individuel (cas général) | Ancien calcul en couple |
|---|---|---|
| Aucun | 12 499 € | 22 623 € |
| 1 enfant | 18 749 € | 28 873 € |
| 2 enfants | 24 998 € | 35 122 € |
| 3 enfants | 31 248 € | 41 372 € |
| 4 enfants | 37 497 € | 47 621 € |
Plafonds publiés par service-public.fr, page vérifiée le 14 septembre 2026. L'ancien calcul en couple ne concerne que les personnes qui touchaient déjà l'AAH.
À l'AAH s'ajoute, sous conditions, la majoration pour la vie autonome (MVA) : 104,77 € par mois si votre taux d'incapacité atteint 80 %, que vous touchez l'AAH à taux plein ou en complément d'une pension, que vous vivez dans un logement indépendant, que vous percevez une aide au logement (APL, ALF ou ALS) et que vous n'avez pas de revenu d'activité. Elle est versée automatiquement avec l'AAH, sans démarche, quand les conditions sont réunies (fiche service-public vérifiée le 22 avril 2026).
Demander l'AAH à la MDPH
Remplir le formulaire de demande
La demande se fait avec le formulaire unique de demande à la MDPH, le Cerfa n° 15692*01, qui sert aussi pour la PCH, la carte mobilité inclusion ou une orientation en Ésat. Beaucoup de MDPH proposent un téléservice pour la remplir en ligne. La partie « vie quotidienne » n'est pas obligatoire, mais elle aide l'équipe à comprendre vos besoins.
Faire remplir le certificat médical
Le certificat médical joint au dossier doit dater de moins de 12 mois. Il est rempli et signé par votre médecin traitant ou par un spécialiste, avec les volets particuliers (audition, vision) si vous êtes concerné.
Joindre les justificatifs
Ajoutez une copie recto verso de votre pièce d'identité (et celle de votre représentant légal s'il y en a un), un justificatif de domicile, une attestation d'hébergement si vous êtes hébergé, et le jugement de protection juridique si vous êtes sous tutelle ou curatelle.
Déposer le dossier à la MDPH de votre département
Le dossier complet se dépose en main propre, par courrier ou en ligne auprès de la MDPH de votre lieu de résidence. Une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est engagée automatiquement en même temps.
Attendre la décision puis le premier versement
Une fois l'AAH accordée, la Caf ou la MSA la verse à partir du premier jour du mois qui suit le dépôt de la demande, d'après Mon Parcours Handicap (page mise à jour le 4 décembre 2025) : un dossier déposé en juillet ouvre des droits dès le 1er août.
Délais, durée des droits et recours
La CDAPH doit répondre dans un délai de 4 mois. Sans réponse au bout de 4 mois, la demande est considérée comme rejetée.
En cas de refus, il faut d'abord adresser un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) à la MDPH, dans les 2 mois qui suivent la réception de la décision, en joignant celle-ci. Si la MDPH ne répond pas dans les 2 mois, c'est un nouveau refus. À partir de cette décision, explicite ou implicite, vous avez 2 mois pour saisir le tribunal judiciaire de votre lieu de résidence.
La durée des droits dépend du taux d'incapacité. À 80 % ou plus, l'AAH est accordée pour 1 à 10 ans, ou à vie si le handicap ne peut pas évoluer favorablement. Entre 50 et 79 %, elle est accordée pour 1 à 2 ans, ou jusqu'à 5 ans si le handicap ne peut pas s'améliorer pendant cette période. Pour la renouveler, refaites une demande complète avant la fin des droits, avec le même formulaire et les mêmes pièces.
Travail, retraite, hospitalisation : ce qui change le montant
Si vous travaillez
Le salaire et l'AAH se cumulent en totalité pendant 6 mois sous certaines conditions ; ensuite, la Caf tient compte d'une partie de vos revenus d'activité et recalcule l'allocation chaque trimestre. Les règles diffèrent entre un emploi en milieu ordinaire et un travail en établissement et service d'accompagnement par le travail (Ésat). L'AAH se cumule aussi avec la prime d'activité.
Les autres aides
Une pension d'invalidité ou le RSA réduisent l'AAH : vous touchez la différence. Elle ne se cumule pas avec l'allocation de solidarité spécifique (ASS), sauf si vous perceviez les deux au 31 décembre 2016, et au plus pendant 10 ans. La prestation de compensation du handicap (PCH) s'ajoute en revanche à l'AAH. Méfiez-vous des annonces de « nouvelle aide » qui circulent sur les réseaux : la Caf a ouvert un outil en ligne pour démêler le vrai du faux sur le RSA, les APL et l'AAH.
À la retraite
Avec un taux d'au moins 80 %, l'AAH continue après l'âge de la retraite si votre pension est inférieure à 1 041,59 € : vous touchez la différence. Entre 50 et 79 %, elle s'arrête à l'âge légal de départ ; si vous n'avez jamais cotisé ou ne touchez aucune pension, elle est remplacée par l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). La loi de finances pour 2024 prévoit que les bénéficiaires qui continuent à travailler après l'âge d'ouverture de leurs droits à la retraite gardent l'AAH, mais cette mesure attend encore son décret d'application.
Hospitalisation ou incarcération de plus de 60 jours
Au-delà de 60 jours d'hospitalisation, d'hébergement en maison d'accueil spécialisée ou de détention, l'AAH est réduite à 30 % du montant maximal, soit 312 € par mois. La réduction ne s'applique pas si vous avez au moins un enfant ou un ascendant à charge, si votre conjoint ne peut pas travailler pour un motif reconnu par la CDAPH, ou, à l'hôpital ou en maison d'accueil spécialisée, si vous payez le forfait journalier de 23 €. Le taux plein reprend à la sortie.
Tout changement de situation (déménagement, vie de couple, emploi, coordonnées bancaires) se déclare à la Caf ou à la MSA, en ligne ou sur place, car il peut modifier le montant.
Questions fréquentes
Le salaire de mon conjoint compte-t-il pour l'AAH ?
Non, depuis le 1er octobre 2023 seuls vos revenus personnels sont pris en compte. L'ancien calcul en couple n'est gardé que s'il vous est plus favorable, et la Caf choisit seule le plus avantageux.
Combien de temps faut-il pour obtenir l'AAH ?
La CDAPH a 4 mois pour statuer. Une fois l'allocation accordée, elle est due à partir du premier jour du mois qui suit le dépôt du dossier.
L'AAH est-elle imposable ?
Non, l'AAH n'est pas imposable.
Peut-on toucher l'AAH et travailler ?
Oui. Le salaire et l'AAH se cumulent en totalité pendant 6 mois, puis une partie des revenus d'activité est retenue et l'allocation est recalculée chaque trimestre.
Que faire si la MDPH refuse l'AAH ?
Déposer un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH dans les 2 mois, puis, en cas de nouveau refus, saisir le tribunal judiciaire dans les 2 mois suivants.
Les héritiers doivent-ils rembourser l'AAH après un décès ?
Non. Ils doivent seulement prévenir la Caf ou la MSA du décès ; les sommes versées au titulaire ne sont pas à rembourser.
Photo : Jakub Pabis / Pexels
Journal des modifications
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