Lycée Marseilleveyre : des élèves confinés face à un fort dispositif de CRS
Jeudi 15 octobre 2026, vers 9h30, un important dispositif policier s'est déployé devant le lycée Marseilleveyre, à Marseille, alors que les élèves bloquaient leur établissement. D'après France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, le proviseur et les professeurs ont décidé de confiner les lycéens pour les protéger. Le proviseur assure que le blocus a été levé « dans l'ordre », tandis qu'une assemblée générale des lycéens a décidé de le poursuivre.
Les faits sont rapportés par Sofian Aissaoui, dans un article de France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur publié le 15 octobre à 11h53 puis mis à jour à 16h46. Les témoignages ont été recueillis par ICI Provence-Alpes TV, qui appartient au même groupe, et la journaliste Camille Bosshardt s'est rendue sur place. Selon la chaîne, face au nombre important de CRS, l'équipe de direction et les enseignants ont choisi de garder les élèves à l'intérieur de l'établissement. Les élèves y restaient libres de leurs mouvements, mais la consigne de leurs enseignants était de ne pas ressortir.
Toujours selon des informations concordantes transmises à ICI Provence-Alpes TV, entre 70 et 80 personnes se trouvaient dans le lycée au moment du déploiement. Les images amateurs communiquées à la rédaction montrent un dispositif que la chaîne qualifie de « particulièrement important », avec « autour d'une dizaine de camions » positionnés devant l'établissement jeudi matin. Les élèves interrogés insistent sur le caractère pacifique de leur mobilisation au moment où les forces de l'ordre sont arrivées.
Des lycéens qui décrivent une réponse disproportionnée
Plusieurs élèves ont raconté la scène à ICI Provence-Alpes TV. Une lycéenne explique : « On était devant le lycée quand la police est arrivée. On a commencé à voir plus d'une dizaine de camions de CRS arriver. » Un de ses camarades juge que les policiers « étaient prêts à en découdre, ou tout du moins à nous impressionner ». Il ajoute : « Notre mobilisation est pacifiste. En face, la réponse n'est pas proportionnée. (...) La répression devient folle ! »
Une élève restée à l'intérieur détaille ce qui lui a été dit : « Le proviseur nous a dit qu'il n'avait plus aucun contrôle sur les CRS. On est rentrés et on est restés à l'intérieur pour éviter d'être face à des CRS surarmés. » Une autre précise que la liberté de mouvement n'a pas été supprimée : « On peut rentrer et sortir comme on veut, mais nos professeurs nous ont déconseillé de le faire. »
D'après ces lycéens, aucune violence policière n'est à signaler. Ils font toutefois part d'une inquiétude grandissante : « Notre administration nous a poussés à nous mettre à l'intérieur. (...) Notre proviseur nous a beaucoup protégés, mais là ça devient plus possible... » Les lycéens saluent ainsi le rôle de leur direction, tout en s'inquiétant de la suite du mouvement.
Une enseignante, un proviseur et la préfecture
Une enseignante présente le matin, membre d'un syndicat que France 3 ne nomme pas, a livré son analyse à Camille Bosshardt : « On a été très étonnés en voyant des CRS débarquer avec 13 camions pour finalement libérer un blocus qui était très pacifique depuis le départ. Il n'y avait pas lieu de faire venir une telle force d'intervention. » Elle revient aussi sur le rôle de l'équipe pédagogique dans ce contexte tendu : « On se doit d'être là pour s'assurer que tout se passe bien. (...) On essaie d'accompagner au mieux tout le monde, en soulignant bien sûr que nos revendications sont proches de celles des manifestations lycéennes. »
Le proviseur, Robert Ciampi-Faggianelli, a lui aussi été rencontré par la journaliste. Il explique que « ça s'est très bien déroulé » et décrit une levée du blocus sans heurt : « Le blocus a été levé, dans l'ordre. Et quand je dis dans l'ordre, c'est dans l'ordre au sens noble du terme, avec des forces de police qui ont attendu, qui ont écouté, qui ont voulu discuter avec certains, qui ont échangé avec moi. Et l'objectif, c'était justement que tout se fasse en douceur. » Il salue un mouvement lycéen qui fait preuve « d'une grande maturité », tout en rappelant « qu'un lycée ne doit pas rester fermé. Et nos élèves doivent pouvoir rentrer en classe s'ils le souhaitent. »
Contactée par ICI Provence-Alpes TV, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône apporte un élément d'explication sur l'ampleur du dispositif. Des effectifs supplémentaires avaient été envoyés par le ministère de l'Intérieur dans le cadre du match Olympique de Marseille - Olympiakos, disputé ce jeudi 15 octobre. Ces renforts ont ensuite été redéployés, notamment au lycée Marseilleveyre. Une assemblée générale des lycéens s'est tenue dans la matinée, et le blocus de l'établissement va se poursuivre.
Ce blocus s'inscrit dans une mobilisation lycéenne plus large à Marseille, que France 3 Régions suit dans plusieurs articles, dont l'un évoque un « acte V » et la volonté de « continuer la lutte ». Notre rédaction a déjà couvert ce mouvement, notamment lorsque la RTM a suspendu tout son réseau un jeudi de mobilisation. À Marseilleveyre, les élèves ont fait leur choix : malgré l'ampleur du dispositif déployé jeudi matin, leur assemblée générale a voté la poursuite du blocus.