Le nouvel hôtel de Ville est signé Jean Nouvel et François Fontès.

Les Montpelliérains ont une nouvelle maison commune

Plus d'une quinzaine d'années après le lancement de ce projet par feu Georges Fêche, le nouvel hôtel de Ville de Montpellier est enfin sorti de terre, à l'issue d'un vaste chantier, au cœur du quartier Port-Marianne. Il a été inauguré samedi par le maire Hélène Mandroux et sera ouvert dès ce lundi aux Montpelliérains.

Monumental - à côté de lui, l'ex-hôtel de Ville (1) fait définitivement figure de vieille bâtisse étriquée -, le bâtiment scelle l'extension de Montpellier vers la mer Méditerranée, à la faveur des rives du Lez, et ancre un peu plus la ville dans son costume de 8ème ville de France.

Une nouvelle mairie pour la 8ème ville de France

Signée par Jean Nouvel et François Fontès, l'œuvre architecturale allie un design futuriste, tout en effets bleutés miroitants, à la fonctionnalité de grands espaces en dialogue avec l'homme et son environnement.

Aussi immense qu'un paquebot qui s'apprêterait à prendre le large, le nouvel hôtel de Ville n'en parait pas moins aérien et gracile, grâce à ses surfaces vitrées omniprésentes (sur ces quatre façades extérieurs, comme sur ses cloisons intérieurs, séparant les bureaux des couloirs) et à son jeu permanent entre le ciel et l'eau qui enveloppent la structure, mi-horizontale, mi-verticale.

Voir la visite guidée réalisée par le journal Midi Libre :

C'est dans l'air du temps, le nouvel hôtel de Ville répond aussi au soucis exprimé par le cahier des charges de la municipalité d'un bâtiment « écologique dans sa conception » et « économe dans son fonctionnement ». Avec, notamment, 1300 m2 de panneaux photovoltaïques et un haut niveau d'isolation et de maîtrise des flux d'air chauds et froids.

De quoi ajouter un nouveau défi à sa démarche environnementale, suite au dysfonctionnement des téléphones portables observé dans l'enceinte de la nouvelle mairie et relevé par le site internet d'informations Montpellier Journal (2). Pour résoudre ce problème dans les meilleurs conditions possibles, à l'heure où les ondes électromagnétiques suscitent toujours autant d'inquiétudes.

Quant à ceux qui estiment encore le bâtiment trop imposant et trop coûteux (130 millions d'euros), Jean Nouvel appelle les critiques à la patience et on ne saurait trop l'écouter, alors que la Tour Eiffel a longtemps été considérée comme une plaie défigurant Paris, avant d'être aujourd'hui adulée comme la perle de son écrin : « Avant de juger un ouvrage, il faut laisser la vie s’y établir. La Maison des Montpelliérains, ouverte sur un grand parvis, s’insérera dans un énorme parc urbain avec des bureaux, des logements. Il faut attendre que tout cela s’installe. On jugera plus tard de la justesse du projet » (Midi Libre, 06.11.11).

Donner du temps au temps

Donner du temps au temps. C'est ce qu'il faudra pour que le nouvel hôtel de Ville prenne toute sa mesure, avec le développement de la ZAC (Zone d'aménagement concerté) dans laquelle il s'inscrit, comme le monumental bâtiment de Pierres Vives (125 millions d'euros), qui, dédié aux archives et à la vie culturelle par le Conseil général de l'Hérault, est lui-aussi relié à une ZAC. Des ZAC où beaucoup de changements démographiques et urbains sont encore attendus.

A terme, celle de l'hôtel de Ville doit accueillir 20 000 Montpelliérains, souligne la municipalité qui enregistre chaque jour dix nouveaux habitants. Cette ZAC est d'ailleurs partie intégrante du projet de développement EcoCité porté à l'échelle de Montpellier Agglomération par son président, Jean-Pierre Moure, et labellisé par le ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement.

Voir la vidéo de Montpellier Agglomération présentant le projet EcoCité :

Intitulé « Montpellier, de la Ville à la mer », ce projet EcoCité renvoie naturellement à l'inspiration « méditerranéenne » qui a guidé les architectes du nouvel hôtel de Ville, comme le résume très bien François Fontès, ici : « La mairie exprime aujourd’hui cette volonté dans la tradition contextuelle de Montpellier et de la Méditerranée. Elle affirme sa puissance plastique à l’échelle de ce territoire en pleine mutation. Renouant avec la tradition méditerranéenne, elle s’implante en fond de place, instaurant cette relation étroite entre l’espace public et le monument (…). L’hôtel de Ville, c’est aussi la continuité de la tradition des monuments publics méditerranéens, fermés sur l’extérieur, se protégeant des éléments et dialoguant avec eux dans un jeu subtil d’ombre et de lumière, mais s’ouvrant à l’intérieur sur de grands patios qui délivrent fraîcheur et reflets sur les façades ».

N.E

(1). Situé place Francis Ponge, l'ex-hôtel de Ville a été réalisé par l'architecte Jean-Claude Deshons en 1974, à la demande du maire d'alors, François Delmas, le prédécésseur de Georges Frêche à la mairie de Montpellier.
(2). Lire l'article de Montpellier Journal : http://www.montpellier-journal.fr/2011/10/de-mauvaises-ondes-dans-la-no…