Le Carré Saint Lazare (Marseille 3ème) regroupera logements, crèche, espace seniors, commerces, et stationnements

L'art dans la cité: le plasticien Etienne Rey retenu pour le programme Carré Saint Lazare, Marseille 3ème

Pour le nouveau programme du carré Saint Lazare (Marseille 3ème) qui regroupera début 2017 des logements, une crèche, un espace seniors, des commerces, des stationnements, la fondation d'entreprise Logirem confortée par un jury composé d'experts du FRAC, du CIRVA, de la ville de Marseille ainsi que de l'architecte M2DC, a souhaité commander une œuvre artistique sur le thème de la lumière. Elle a retenu Étienne REY, plasticien en collaboration avec Alexandre Lebrun, créateur lumière. Son œuvre composée d'espace et de lumière, participera à véhiculer les valeurs de vivre ensemble. Elle aura pour objet de toucher notre perception et de créer une expérience singulière au rythme des journées et des saisons...

Madame Pascale Sasso, responsable de la Fondation, a bien voulu répondre aux questions de Médiaterranée, entretien...

Comment est survenu ce projet artistique ?
"Nous avons vécu le succès des actions conduites dans le cadre de Marseille-Provence 2013 comme un tournant, de par l’implication des collaborateurs, la nouvelle relation tissée avec
les clients et la qualité des projets artistiques labellisés. La culture diffuse, partout où elle est soutenue, de la créativité, de la solidarité, et fait bouger les lignes. Créer la rencontre, prôner l’ouverture, fédérer des énergies et des envies, découvrir des pratiques artistiques... la culture a cette vertu de permettre l’échange au cœur des quartiers. Ainsi, le conseil d’administration l’a consacrée comme axe unique de développement pour la période 2015-2017.
 

Quel est le public réel ainsi que ses diverses réactions pour ces expositions au cœur de la cité ?
La Fondation Logirem porte depuis 2007 "Les ateliers de la cité", un projet de résidences d'artistes en cœur de cité. Démarré avec un artiste sur un site, l'expérience se poursuit aujourd'hui avec 4 artistes qui interviennent sur deux patrimoines de l'entreprise. Il s'agit pour ces artistes de créer une œuvre, de préférence pérenne, qui viendra prendre place dans les espaces communs des résidences. Ces œuvres sont le fruit de rencontres et de dialogue établis avec les habitants rencontrés sur site en ateliers, les enfants dans les écoles partenaires et au sein de la Friche de la Belle de Mai. Le travail de médiation qui est fait par notre producteur délégué Sextant et Plus est fondamental pour que ces œuvres soient comprises et appropriées par les habitants. Beaucoup d'entre eux nous disent la fierté qu'ils ressentent car ces projets disent des choses positives de leur quartier, loin des faits divers habituels. Lors de l'inauguration de l'œuvre de Stefan Eichhorn la semaine dernière, environ 80 habitants étaient présents pour fêter l’évènement, dont beaucoup d'enfants. Ce public enfant, habituellement éloigné de telles propositions artistiques, est essentiel car il constitue la société des adultes de demain. Pour autant, ces bénéfices sont fragiles, il est donc indispensable que ces actions s'inscrivent dans la durée.

Qu'est-ce qui a motivé le choix du jury de retenir Etienne Rey ?
Pour la Fondation Logirem et l'entreprise, cette commande artistique ambitieuse est une première expérimentation. Aussi, notre ambition est que l’œuvre réussisse à émouvoir les résidents, en leur apportant une expérience sensorielle au quotidien, une émotion intimement liée à la lumière, et à ses variations.Elle doit aussi rayonner hors les murs, en attisant la curiosité du passant qui d’un regard à travers la grande grille d’entrée et le porche pourra vivre une expérience particulière. Et enfin il faut qu'elle investisse le site, en créant des porosités, des liens, des dialogues avec l’architecture de telle sorte que l’œuvre et l’architecture se rejoignent en une entité cohérente et harmonieuse.
En ce sens, l'œuvre d'Etienne Rey vivante et évolutive invite les habitants à une expérimentation ludique qui facilitera son appropriation. Son projet investit le cœur d'îlot et le passage entre la rue et la résidence, un espace à privilégier pour créer la surprise, susciter de la curiosité et l’ouvrir sur la ville. L'artiste a su lire le parti pris architectural du programme que son œuvre viendra qualifier et sublimer. Le propos artistique puissant d'Etienne Rey, son approche de la relation aux habitants et de la médiation correspondaient aux attentes de Logirem pour créer une œuvre pour eux et avec eux."