Frappes de drones iraniens sur la base navale française Camp de la Paix à Abu Dhabi
Deux drones iraniens de type Shahed-136 ont touché ce samedi 1er mars 2026 la base navale française Camp de la Paix, située dans le port Zayed à Abu Dhabi. Selon le ministère de la Défense des Émirats arabes unis, l'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel, mais n'a fait aucune victime. Une épaisse fumée noire s'élevait du site après l'impact.
L'attaque contre cette installation militaire française, inaugurée en 2009 par Nicolas Sarkozy, s'inscrit dans le cadre d'une vaste offensive iranienne en représailles à l'attaque conjointe américano-israélienne lancée la veille contre l'Iran. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a revendiqué une série de frappes ciblant des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe.
Le Camp de la Paix représente la première base militaire française établie hors d'Afrique depuis cinquante ans. Située face au détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 40% du pétrole mondial, cette implantation stratégique comprend un quai de 300 mètres pouvant accueillir tous les navires de la Marine nationale, à l'exception du porte-avions Charles de Gaulle. Environ 250 militaires français y sont stationnés, dont 70 appartenant à la marine.
Une escalade régionale sans précédent
Cette frappe contre une base française constitue un développement préoccupant dans l'escalade du conflit. « L'Iran a ciblé des installations américaines dans plusieurs États arabes du Golfe », confirme Téhéran, qui revendique des attaques contre le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis. Le siège de la 5e Flotte américaine à Manama aurait également été visé.
À Dubaï, les dégâts sont considérables. L'aéroport international, le célèbre hôtel Burj Al Arab et l'île artificielle de Palm Jumeirah ont subi des dommages lors des frappes nocturnes. L'ensemble de la région du Golfe est désormais touché par ce conflit, qui menace les principales infrastructures de transport et de commerce.
Le CGRI affirme avoir également ciblé le porte-avions américain USS Abraham Lincoln avec quatre missiles balistiques. La compagnie maritime danoise Maersk a annoncé la suspension immédiate de tous ses transits par le détroit d'Ormuz jusqu'à nouvel ordre, une décision qui pourrait avoir des répercussions majeures sur le commerce maritime mondial.
La France dans une position délicate
Le ciblage d'une installation française par l'Iran suscite des interrogations, dans la mesure où Paris n'a pas directement participé aux frappes américano-israéliennes contre Téhéran. La présence militaire française aux Émirats repose sur un accord de partenariat stratégique signé en 1995, renforcé en 2007 à la demande d'Abu Dhabi.
La Commission européenne a annoncé la tenue d'une réunion extraordinaire sur les questions de sécurité ce lundi, selon la présidente Ursula von der Leyen. L'escalade du conflit entre l'Iran d'une part, et les États-Unis et Israël de l'autre, place les alliés européens face à des choix stratégiques cruciaux.
Selon les analystes, cette attaque iranienne surpasse en intensité toutes celles enregistrées lors du conflit de douze jours de l'année précédente. Le CGRI aurait adopté une nouvelle doctrine de riposte immédiate, abandonnant l'attente traditionnelle de plusieurs jours entre les provocations et les représailles. Cette évolution tactique témoigne d'une volonté de démonstration de force face à la coalition américano-israélienne.