Temu, Shein : frais UE de 2 € non remboursables depuis le 1er novembre
Depuis ce dimanche 1er novembre 2026, les commandes en ligne expédiées depuis un pays extérieur à l'Union européenne, celles de Temu, Shein ou AliExpress comme les autres, sont soumises à des « frais de traitement de l'Union » de 2 euros par catégorie d'article. Le montant est fixé par le règlement délégué (UE) 2026/2152 de la Commission, publié au Journal officiel de l'UE le 22 octobre. Ces frais ne sont pas remboursables et la TVA s'y ajoute le plus souvent.
Le texte, consultable sur EUR-Lex, tient en deux articles : le premier fixe les frais « à 2 EUR par article », le second les rend applicables « à partir du 1er novembre 2026 ». Il découle de l'article 20 du nouveau code des douanes de l'Union, le règlement (UE) 2026/2108 du 16 septembre 2026. Le principe, soit 2 euros quelle que soit la valeur de l'envoi, en plus du droit forfaitaire de 3 euros appliqué depuis juillet aux colis de 150 euros ou moins, avait été annoncé et nous l'avions détaillé le 26 octobre.
En pratique, un « article » correspond à une ligne de la déclaration en douane, donc à une classification tarifaire. Selon les exemples de la douane française, deux t-shirts identiques coûtent 5 euros de droit et de frais au total, un t-shirt et un jouet 10 euros. Un casque audio de 250 euros paie les droits de douane ordinaires plus 2 euros, hors TVA et frais du transporteur.
Des frais acquis à la douane, même si le colis repart
Les orientations de la Commission européenne, datées du 5 octobre, sont nettes : ces frais sont « non remboursables » (article 20, paragraphe 6, du nouveau code). La décision administrative de la direction générale des douanes du 26 octobre (bulletin officiel n° 7712) précise qu'ils sont dus dès l'acceptation de la déclaration, y compris lorsque la marchandise n'obtient pas le bon à enlever. Un colis renvoyé ne donne donc lieu à aucun remboursement par la douane ; ce que le vendeur rend ensuite à l'acheteur dépend de ses propres conditions. Les 2 euros entrent en outre dans la base de la TVA à l'importation, sauf avec le guichet unique IOSS lorsque le vendeur ne les a pas répercutés sur le prix au moment de la vente.
Le redevable est le déclarant : d'abord le vendeur ou la plateforme titulaire d'un numéro IOSS, à défaut le transporteur ou l'intermédiaire qui dédouane la marchandise. La douane rappelle qu'elle « ne s'adresse pas aux particuliers pour le paiement des montants dus » et met en garde contre les arnaques qui usurpent son nom. Un transporteur peut en revanche réclamer à la livraison des sommes restées dues, et les refuser peut empêcher la remise du colis. Notre guide des taxes, de la douane et des retours sur Temu, Shein et AliExpress détaille ces cas, en France comme au Maghreb.
Envois familiaux exclus, prochaine étape en 2028
Les envois entre particuliers ne sont pas concernés, précise la douane, et un colis de la famille sans caractère commercial reste exonéré de droits jusqu'à 45 euros ; l'exception ne vaut pas pour un achat sur une plateforme, même offert. Ce qui compte est l'endroit où se trouve la marchandise au moment de la vente, pas le pays du site : un article déjà dédouané et stocké dans l'Union lors de la commande échappe aux deux prélèvements. Selon le bulletin officiel des douanes, les frais s'appliquent aussi dans les départements d'outre-mer.
Contrairement au droit de 3 euros, prévu jusqu'au 1er juillet 2028 seulement, les frais de traitement sont permanents, avec un montant revu avant la fin du cadre financier pluriannuel en cours. La Commission doit vérifier d'ici au 1er décembre 2027 si la future plateforme de données douanières de l'UE sera prête pour juillet 2028 ; à défaut, elle pourra proposer de prolonger le forfait de 3 euros. Selon franceinfo, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'UE en 2025, dont 93 % en provenance de Chine. À l'approche des promotions de fin novembre, ces frais sont à intégrer au calcul, comme le montre notre guide pour repérer les vrais prix du Black Friday.
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