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Le pétrole flambe de 13 % : le baril dépasse 80 dollars après les frappes sur l'Iran

Les prix du pétrole ont flambé de 13 % lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, propulsant le baril de Brent au-dessus des 80 dollars. Les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz font redouter une crise majeure de l'approvisionnement mondial en brut.

Vers 0h15 heure de Paris, le baril de Brent de la mer du Nord s'affichait à 80,16 dollars, en hausse de près de 10 % après avoir ouvert avec un bond de 13 %. Le West Texas Intermediate (WTI) américain progressait quant à lui de 8,25 % pour atteindre 72,55 dollars. Cette envolée spectaculaire intervient alors que le Brent avait déjà intégré une prime de risque géopolitique ces dernières semaines, passant de 61 dollars début 2026 à plus de 72 dollars vendredi.

Les analystes de Barclays estiment que le Brent pourrait atteindre les 100 dollars le baril si la situation continue de se dégrader. Ceux d'UBS évoquent même un scénario à 120 dollars en cas de perturbation majeure prolongée. « Sans signes de désescalade, les prix pourraient bondir de 10 à 20 dollars supplémentaires par baril », prévient Jorge León, analyste chez Rystad Energy.

Le détroit d'Ormuz au cœur de la crise

La fermeture quasi-totale du détroit d'Ormuz, annoncée samedi par les Gardiens de la Révolution iraniens, constitue le point névralgique de cette crise énergétique. Ce passage stratégique, large de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, voit transiter quotidiennement près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Selon Reuters, au moins 150 pétroliers ont jeté l'ancre dans la zone, incapables de poursuivre leur route.

L'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies à éviter la région après l'attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d'Oman. MSC, premier armateur mondial, a ordonné à tous ses navires de se mettre à l'abri et suspendu les réservations vers le Moyen-Orient. Maersk, numéro deux du secteur, a également annoncé la suspension de tout passage par le détroit.

Le coût des assurances maritimes a atteint des niveaux prohibitifs, rendant le transport économiquement intenable pour la plupart des opérateurs. Soixante navires sous pavillon français ou appartenant à des entreprises françaises sont actuellement bloqués à l'intérieur du Golfe arabo-persique.

L'OPEP+ tente de rassurer les marchés

Face à cette situation explosive, l'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'OPEP+ ont relevé dimanche leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour avril, un volume supérieur aux attentes du marché. Cette décision vise à compenser partiellement la perte potentielle de 8 à 10 millions de barils quotidiens si le blocus d'Ormuz se prolonge.

Les infrastructures alternatives au Moyen-Orient, notamment les oléoducs contournant le détroit vers la mer Rouge ou le golfe d'Oman, ne peuvent absorber qu'une fraction de ces volumes. Le Koweït, l'Irak et le Qatar dépendent entièrement d'Ormuz pour leurs exportations, tandis que l'Arabie saoudite et les Émirats disposent de capacités limitées de contournement.

Cette flambée des cours du pétrole survient dans un contexte politique tendu pour l'administration Trump. « Le talon d'Achille de Trump, ce sont les prix élevés du pétrole », analyse Michelle Brouhard de Kpler. L'Iran chercherait à maintenir les cours à un niveau élevé pour fragiliser le président américain, qui avait promis des prix bas à son électorat, à quelques mois des élections de mi-mandat.

Les répercussions de cette crise dépassent largement le marché pétrolier. Les prix du gaz naturel devraient également s'envoler, le Qatar étant un exportateur majeur de GNL via le même détroit. Les économistes redoutent un nouveau choc inflationniste mondial si la situation perdure, certains évoquant même le spectre d'une récession globale en cas de blocage prolongé. Selon les projections les plus pessimistes du Financial Times, le baril pourrait atteindre 140 à 200 dollars dans le pire des scénarios.

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