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Léa Salamé face aux députés : "Et si j'étais la compagne de Bardella ?"

Ce lundi 2 février 2026, Léa Salamé a été auditionnée pendant près de deux heures et demie par la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité de l'audiovisuel public. Face aux questions insistantes sur sa relation avec l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, la présentatrice du journal de 20 Heures de France 2 a défendu avec fermeté son indépendance de "femme libre".

L'échange le plus tendu de cette audition est venu du rapporteur Charles Alloncle, député de l'Union des droites pour la République, allié au Rassemblement national. Ce dernier a posé une question qui a fait bondir la journaliste : "Pensez-vous vraiment que si vous étiez la compagne de Jordan Bardella, vous seriez aujourd'hui toujours à la tête du journal de 20 Heures de France 2 ?"

La réponse de Léa Salamé ne s'est pas fait attendre : "Je ne suis pas la compagne de Jordan Bardella. J'espère que si la compagne de Jordan Bardella était journaliste, elle pourrait continuer à faire son travail sur une chaîne privée ou publique, jusqu'à ce que son compagnon soit candidat."

Une femme ne pense pas forcément comme son mari

La députée RN Caroline Parmentier a insisté sur le même sujet, provoquant une réaction encore plus vive de la journaliste. "Par ailleurs, pensez-vous vraiment qu'en 2026, une femme pense forcément comme son mari, vote forcément comme son mari, prie forcément comme son mari, fait ce que lui demande de faire son mari ? Vous pensez sérieusement qu'on en est là ? Je ne le pense pas, moi", a-t-elle lancé aux députés.

Cette passe d'armes a suscité des réactions jusque dans les rangs de la majorité. La députée Les Républicains Virginie Duby-Muller a tenu à marquer sa désapprobation : "Il est désolant de constater en 2026 qu'une femme puisse encore être réduite ou reléguée dans l'ombre de son compagnon."

Face aux interrogations sur son objectivité, Léa Salamé a rappelé un principe qu'elle applique déjà depuis plusieurs années. "Avant d'être la femme de quiconque, je suis une journaliste indépendante, honnête, une femme libre", a-t-elle affirmé. Elle a également confirmé qu'elle quitterait immédiatement l'antenne si Raphaël Glucksmann se portait candidat à l'élection présidentielle de 2027 : "Je ne m'accroche pas, je sors, immédiatement."

Le pluralisme, une conviction personnelle

Au cours de cette audition marathon, la journaliste a également été interrogée sur ses méthodes de travail et ses relations avec le monde politique. Elle a expliqué éviter de fréquenter les politiques en dehors des plateaux pour préserver sa neutralité et ne pas "teinter" ses interviews.

"Le pluralisme est chez moi une conviction personnelle", a-t-elle déclaré, revendiquant un attachement "viscéral" au service public. Sur la question de son salaire, qu'elle n'a pas souhaité détailler, elle a reconnu des revenus "confortables", tout en précisant qu'ils restaient inférieurs aux offres du secteur privé qu'elle dit avoir refusées.

Cette audition intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre Léa Salamé et Jordan Bardella. En octobre 2025, lors de son retour au journal de 20 Heures, la journaliste avait mené une interview tendue avec le président du RN venu présenter son livre. En décembre, l'émission TBT9 sur W9 l'avait accusée de manquer d'impartialité, Matthieu Delormeau déclarant : "On voit sa détestation."

Laurent Delahousse, présentateur du 20 Heures du week-end sur France 2, a été auditionné dans la foulée. La ministre de la Culture Rachida Dati est attendue devant la même commission le 5 février prochain.

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