sfy39587stp17
Aller au contenu principal

MaPrimeRénov' à l'arrêt : les alternatives qui séduisent les Français

Suspendue depuis le 1er janvier 2026 faute de budget voté par le Parlement, MaPrimeRénov' laisse des millions de propriétaires dans l'incertitude. Mais d'autres dispositifs d'aide à la rénovation énergétique tirent leur épingle du jeu et connaissent un regain d'intérêt spectaculaire.

L'année 2025 aura été celle de tous les paradoxes pour MaPrimeRénov'. D'un côté, un succès retentissant avec 63 509 ménages bénéficiaires au premier trimestre et 17 178 rénovations d'ampleur réalisées, soit trois fois plus qu'en 2024. De l'autre, une suspension estivale entre juillet et septembre, suivie d'un gel total au 1er janvier 2026. « Il n'y a pas de problème budgétaire », assurait pourtant le ministre de l'Économie Éric Lombard, évoquant un budget de 3,6 milliards d'euros dont seulement 1,3 milliard avait été consommé.

La réalité est plus nuancée. L'afflux massif de demandes – plus de 100 000 dossiers déposés depuis mars 2025 – combiné à un « niveau de fraude préoccupant » selon le gouvernement, a conduit à cette décision radicale. Les services d'instruction de l'Anah se sont retrouvés débordés, incapables de traiter le flux de dossiers dans des délais raisonnables.

L'éco-PTZ et les CEE prennent le relais

Face à ce vide, les propriétaires se tournent massivement vers les alternatives existantes. L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) connaît un regain d'intérêt considérable. Ce dispositif permet de financer jusqu'à 50 000 euros de travaux sans intérêt, remboursables sur 15 à 20 ans. Accessible sans condition de ressources, il constitue un levier financier majeur pour les ménages souhaitant améliorer la performance énergétique de leur logement énergivore.

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), versés par les fournisseurs d'énergie, constituent l'autre pilier du dispositif alternatif. La ministre du Logement Valérie Létard a d'ailleurs annoncé que plusieurs centaines de millions d'euros de CEE viendraient compléter le budget de MaPrimeRénov'. Un arrêté prévoit même de quadrupler le volume de CEE pour les rénovations thermiques d'ampleur au profit des ménages modestes.

Les aides locales représentent également une ressource souvent méconnue. L'éco-chèque logement en Occitanie, MaPrimeÉco en Bretagne ou encore les dispositifs des métropoles peuvent apporter des bonus allant jusqu'à 2 000 euros pour l'isolation ou le remplacement d'un chauffage ancien. Le réseau France Rénov' met à disposition des conseillers gratuits pour orienter les propriétaires dans ce maquis administratif.

Des solutions pour tous les profils

Pour les propriétaires modestes, le prêt avance mutation offre une alternative originale. Ce dispositif finance les travaux sans mensualités à rembourser, garanti par une hypothèque sur le logement. Le remboursement n'intervient qu'à la vente ou à la succession, avec un taux avantageux autour de 2 %. Une solution particulièrement adaptée aux retraités disposant d'un patrimoine immobilier mais de revenus limités.

La TVA réduite à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique, l'exonération de taxe foncière pendant trois ans maximum, ou encore le chèque énergie complètent l'arsenal disponible. Pour les bailleurs, le déficit foncier reste utilisable à hauteur de 21 400 euros jusqu'au 31 décembre 2025. Ces dispositifs peuvent d'ailleurs se cumuler, permettant de constituer un plan de financement global.

Bonne nouvelle toutefois pour les dossiers en cours : les demandes ayant reçu une validation de l'Anah avant le 31 décembre 2025 verront leurs aides garanties. Le parcours par geste, qui permet de réaliser des travaux isolés comme l'isolation ou le remplacement d'une chaudière, reste également accessible. L'obligation de fournir un Diagnostic de Performance Énergétique pour ces travaux est repoussée au 1er janvier 2026.

Reste à savoir quand MaPrimeRénov' rouvrira ses portes. L'adoption d'une loi de finances par le Parlement conditionne la reprise du dispositif. En attendant, les Français découvrent que la rénovation énergétique ne dépend pas d'une seule aide, mais d'un écosystème de dispositifs complémentaires qu'il convient de maîtriser.

sfy39587stp16