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Algérie : hausse surprise des prix du carburant au 1er janvier 2026

Les automobilistes algériens ont découvert avec stupeur, dès le premier jour de l'année 2026, une augmentation des prix du carburant à la pompe. Sans communication officielle préalable, l'Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) a appliqué de nouveaux tarifs sur l'essence, le gasoil et le GPL, provoquant l'incompréhension et la colère des consommateurs.

À minuit, le 1er janvier 2026, les stations-service à travers tout le territoire national ont affiché les nouveaux prix. L'essence sans plomb est passée de 45,62 dinars le litre à 47 dinars, soit une hausse de 1,38 dinar. Le gasoil a subi une augmentation plus marquée, grimpant de 29,01 dinars à 31 dinars le litre (+1,99 dinar). Quant au GPL carburant (Sirghaz), son prix a bondi de 9 dinars à 12 dinars le litre, enregistrant la plus forte hausse en pourcentage avec 3 dinars supplémentaires.

La décision a été communiquée aux gérants de stations-service le 31 décembre 2025, soit quelques heures seulement avant son entrée en vigueur. Ni Naftal, le principal distributeur national, ni l'ARH n'avaient informé le public de cette révision tarifaire. Cette absence de transparence a suscité de vives réactions parmi les associations de consommateurs et sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement se justifie

Face à la polémique, le ministère des Hydrocarbures et des Mines a publié un communiqué pour expliquer les raisons de cette augmentation. Selon les autorités, cette révision vise à « assurer la continuité de l'approvisionnement sur l'ensemble du territoire » et à « couvrir les coûts croissants liés à la production et à la distribution ». Le ministère a également rappelé que les prix des carburants n'avaient pas évolué depuis 2020 en Algérie.

Le gouvernement insiste sur le fait que le Trésor public continue de supporter « la majeure partie du prix final » pour préserver le pouvoir d'achat des citoyens. En effet, les prix pratiqués en Algérie restent parmi les plus bas au monde. Cette subvention implicite représente un effort budgétaire considérable pour l'État, qui assume l'écart entre le coût réel du produit (extraction, raffinage, transport et distribution) et le tarif affiché à la pompe.

Le Sirghaz demeure le carburant le plus économique, son prix restant quatre fois inférieur à celui de l'essence malgré l'augmentation. Les recettes générées par cette hausse devraient financer la modernisation des stations-service, l'extension du réseau de distribution et l'amélioration de la logistique, selon le ministère.

Les associations de consommateurs inquiètes

Mustapha Zebdi, président de l'Association de protection et d'orientation du consommateur (Apoce), a vivement critiqué « le silence des autorités et l'absence totale d'information préalable ». Il redoute que cette hausse ne se répercute sur les prix des autres produits de consommation. « Dans ce genre de situations, certains opérateurs pourraient utiliser cette hausse comme un argument afin d'augmenter les prix », a-t-il averti.

Le président de l'Apoce a appelé les pouvoirs publics à mettre en place « un mécanisme de contrôle pour ne pas impacter le coût des produits et services ». Cette crainte est d'autant plus justifiée que le transport routier, largement dépendant du gasoil, joue un rôle central dans la chaîne d'approvisionnement du pays.

Malgré les bas prix pratiqués par rapport aux standards internationaux, la contrebande de carburant vers les pays voisins reste un problème récurrent. L'écart de prix avec le Maroc et la Tunisie alimente un trafic transfrontalier qui prive l'État de revenus importants et peut provoquer des pénuries locales dans les régions frontalières.

Cette augmentation, qualifiée de « réajustement technique » par les autorités, intervient dans un contexte économique où le gouvernement cherche à réduire progressivement les subventions tout en préservant la paix sociale. Les prochains mois diront si cette hausse restera contenue ou si elle marquera le début d'un cycle d'ajustements plus fréquents des prix de l'énergie en Algérie.

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