Algerie: le message bouleversant de Rachid avant son suicide en direct
La ville de Bordj Menaïel, dans la wilaya de Boumerdès, est plongée dans le deuil depuis ce jeudi 20 février 2026, premier soir du mois de ramadan. Rachid Hirèche, un jeune homme originaire de la commune, a mis fin à ses jours en ingérant de l'acide chlorhydrique lors d'un direct sur TikTok, après avoir livré un ultime message d'une intensité rare, adressé à sa famille, à ses proches et à toute la jeunesse algérienne.
La vidéo, diffusée en début de soirée, a rapidement été partagée sur les réseaux sociaux. En quelques heures, elle a atteint près de six millions de vues, provoquant une onde de choc à travers le pays. Dans ce témoignage filmé depuis un espace boisé, le jeune homme, visiblement épuisé mais lucide, s'est adressé tour à tour à ceux qui ont compté dans sa vie.
C'est d'abord vers sa mère que Rachid s'est tourné, dans un passage d'une émotion déchirante. « Pardonne-moi, je suis devenu un poids pour toi », a-t-il déclaré, sollicitant sa bénédiction et ses prières. Il a également demandé pardon à ses amis et à tous ceux qui l'ont côtoyé, insistant sur l'importance de la réconciliation et du pardon entre les êtres.
Un avertissement glaçant contre les psychotropes
Mais au-delà de l'adieu personnel, Rachid a voulu que sa mort serve de mise en garde. Désignant son propre corps, il a lancé : « Tout ça, c'est à cause des comprimés hallucinogènes », avant d'exhorter les jeunes qui ne consomment pas encore à ne jamais approcher ces substances. À ceux qui sont déjà dépendants, il a conseillé de décrocher chez eux, loin de toute tentation.
Selon les informations recueillies par plusieurs médias algériens, Rachid avait tenté à plusieurs reprises de mettre fin à sa consommation de psychotropes et de drogues dures, sans y parvenir. Cette spirale de dépendance, combinée à un isolement social progressif et à une perte de repères, l'aurait conduit à cette issue fatale.
Le sociologue Abdelhaifz Sandouqi, interrogé par la chaîne Al Arabiya, a rappelé que « les effets des drogues sur la psychologie de l'individu sont extrêmement graves et peuvent le pousser à des actes extrêmes, y compris le suicide ». Un constat qui résonne avec une douloureuse acuité dans un pays où le fléau des psychotropes ne cesse de gagner du terrain parmi les jeunes.
Un drame qui interroge la société algérienne
Sur les réseaux sociaux, la mort de Rachid a suscité un vaste débat. De nombreux internautes ont pointé la responsabilité collective : l'absence de structures d'accompagnement pour les toxicomanes, le manque d'accès aux soins en santé mentale, mais aussi le silence qui entoure encore ces sujets dans la société algérienne. D'autres ont dénoncé la facilité d'accès aux substances psychotropes dans certaines régions du pays.
La vidéo de Rachid Hirèche restera comme le témoignage brut d'un jeune homme qui, au seuil de la mort, a choisi de transformer son désespoir en ultime avertissement. Ses derniers mots – « Souvenez-vous de moi dans vos prières » – continueront de hanter ceux qui les ont entendus.