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Moscou exige la libération de Maduro et dénonce une "agression armée" américaine

Le ministère russe des Affaires étrangères a publié samedi 3 janvier un communiqué cinglant condamnant l'opération militaire américaine au Venezuela, qualifiée d'« acte d'agression armée ». Moscou exige la libération immédiate du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, capturés par les forces américaines lors de frappes sur Caracas.

« Nous appelons fermement la direction américaine à reconsidérer cette position et à libérer le président légalement élu d'un pays souverain et son épouse », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur sa chaîne Telegram. La diplomatie russe a également souligné que cette capture constitue une « atteinte inacceptable à la souveraineté d'un État indépendant ».

Le communiqué de Moscou ne mâche pas ses mots : « Ce matin, les États-Unis ont commis un acte d'agression armée contre le Venezuela. Cela suscite une profonde inquiétude et une condamnation. Les prétextes invoqués pour justifier de telles actions sont infondés. » La Russie appelle au dialogue pour « empêcher toute nouvelle escalade » de la situation.

Un soutien diplomatique actif à Caracas

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est personnellement impliqué dans cette crise. Il a eu un entretien téléphonique avec la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, au cours duquel il a « exprimé sa ferme solidarité avec le peuple vénézuélien face à l'agression armée » et assuré que Moscou « continuerait à soutenir » le gouvernement de Caracas.

La Russie a également annoncé qu'elle soutenait les appels à la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon Dmitri Polianski, représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU, cette réunion se tiendra le 5 janvier à 18h00, heure de Moscou. « Le Venezuela doit avoir la garantie du droit de déterminer son propre destin sans aucune intervention destructrice, et encore moins militaire, de l'extérieur », insiste le communiqué russe.

L'opération américaine, déclenchée dans la nuit du 2 au 3 janvier, a visé plusieurs sites stratégiques de la capitale vénézuélienne, notamment le complexe militaire de Fuerte Tiuna, l'aéroport et le port. Des explosions ont secoué Caracas vers 2 heures du matin, tandis que des hélicoptères survolaient la ville. Donald Trump a annoncé avoir suivi l'opération « en direct » et affirmé qu'aucun soldat américain n'avait été tué, bien que « deux hommes aient été touchés ».

Une coalition de condamnations internationales

La Russie n'est pas isolée dans sa condamnation. La Chine a qualifié l'opération d'« utilisation de la force contre un pays souverain », dénonçant un comportement « hégémonique » contraire au droit international et à la Charte de l'ONU. L'Iran a également dénoncé cette « agression militaire » comme une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne. En Amérique latine, la Colombie, le Brésil et le Chili ont exprimé de vives critiques.

L'Union européenne, par la voix de sa représentante Kaja Kallas, a rappelé que « le droit international et la Charte de l'ONU doivent être respectés sous tous leurs aspects ». Emmanuel Macron a appelé à une « transition pacifique et démocratique », tandis que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est inquiété du non-respect du droit international.

Nicolas Maduro et son épouse se trouvent actuellement à bord de l'USS Iwo Jima, en route vers New York où le président vénézuélien devrait faire face à des accusations de « narcoterrorisme ». Cette capture sans précédent d'un chef d'État en exercice marque un tournant majeur dans les relations internationales et pose la question de l'avenir du multilatéralisme face à l'unilatéralisme américain.

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