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Venezuela : Macron salue la chute de Maduro et piétine le droit international

En saluant la « fin de la dictature » au Venezuela après l'intervention américaine, Emmanuel Macron a franchi une ligne rouge diplomatique. Sous couvert de défense de la démocratie, la France cautionne de fait une opération illégale, violant la souveraineté d’un État. Cette déclaration, lourde de symboles, révèle la soumission persistante de l’Europe à la puissance américaine.

Le ton présidentiel n’a laissé place à aucune ambiguïté. Dans une déclaration relayée par CNews, Emmanuel Macron s’est félicité que « le peuple vénézuélien soit aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro ». Pas un mot, en revanche, sur la nature de cette « libération » : une intervention militaire américaine sans mandat de l’ONU, une arrestation d’un chef d’État en exercice, un bombardement qui a fait des victimes civiles. L’Élysée, d’ordinaire prompt à invoquer le droit international, s’est réfugié dans le silence juridique.

Une diplomatie française aux ordres de Washington

Cette prise de position, applaudie à demi-mot par certains alliés européens, symbolise la fragilité de la politique étrangère française. En refusant de dénoncer une action unilatérale menée par les États-Unis, Paris s’aligne sur la rhétorique américaine : celle d’une guerre menée au nom de la liberté. Or, cette « libération » ressemble davantage à une démonstration de force qu’à une transition démocratique.

Les réactions internationales ne laissent guère de place au doute. Le Brésil a dénoncé une « ligne inacceptable » franchie par Washington. L’Union africaine a rappelé que la souveraineté des États reste « un principe intangible ». En Europe, plusieurs diplomates anonymes évoquent leur malaise face à « l’enthousiasme prématuré » de Macron. Pourtant, aucune voix officielle n’a osé contredire le chef de l’État français. Le vieux continent, une fois de plus, s’efface derrière son protecteur américain.

Au fond, Emmanuel Macron ne fait qu’entériner une évolution déjà entamée : celle d’une Europe atlantiste, dépendante militairement et psychologiquement de Washington. Le discours gaullien de l’indépendance française appartient à un autre siècle. En 2026, la France, loin de jouer les médiatrices, s’est rangée sans nuance du côté de la force. Une reddition diplomatique autant qu’une faute morale.

Car au-delà des postures politiques, cette déclaration piétine les principes que la République prétend défendre. Le respect du droit international, la souveraineté des peuples, la primauté du dialogue : autant de valeurs abandonnées sur l’autel d’une realpolitik mal assumée. Macron ne parle plus au nom de la France universelle, mais au nom d’une Europe impuissante, résignée à suivre les ordres du Pentagone.

Dans les rues de Caracas, les Vénézuéliens n’ont pas célébré la démocratie, mais survécu à la peur. À Paris, on salue leur « libération » sans voir le prix du sang. La diplomatie française, jadis respectée pour sa constance et sa hauteur de vue, s’enlise dans une dépendance qui la défigure. Sous prétexte d’accompagner la liberté, elle justifie la loi du plus fort. En félicitant une opération illégale, Emmanuel Macron tourne le dos à l’esprit de la République. Une faute que l’Histoire retiendra.

 

 

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