Midterms 2026 : les démocrates prennent la Chambre et le Sénat à Trump
Les démocrates ont repris la Chambre des représentants et le Sénat lors des élections de mi-mandat du mardi 3 novembre 2026, selon les projections des médias américains publiées dans la nuit. Deux ans après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump perd le contrôle du Congrès, alors que le dépouillement se poursuit dans plusieurs États.
Avant le scrutin, les républicains détenaient 219 sièges à la Chambre, indépendant apparenté compris, contre 214 aux démocrates, et 53 sièges au Sénat. Il suffisait aux démocrates d'un gain net de trois sièges pour basculer la Chambre, rappelle CBS News. Le camp républicain abordait déjà des vents contraires avant les élections de mi-mandat. Le matin même, le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, affirmait pourtant : « Les sondages se trompent. Nous allons stupéfier le monde. »
CBS News a projeté dans la soirée que la Chambre changeait de camp. NBC News a vu les démocrates franchir le seuil de 218 sièges à 0 h 32, heure de l'Est, soit 6 h 32 à Paris le 4 novembre. Les républicains perdent « au moins vingt sièges », selon franceinfo, et le décompte définitif reste à établir.
Plusieurs élus républicains sortants tombent : Brian Fitzpatrick et Scott Perry en Pennsylvanie, Tom Kean Jr. dans le New Jersey, Monica De La Cruz au Texas. Dans l'Iowa, les démocrates gagnent trois des quatre circonscriptions. Hakeem Jeffries devrait devenir le premier Afro-Américain à présider la Chambre, lors du vote en séance prévu le 3 janvier 2027. « L'Amérique est de retour », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « Ce n'est pas un moment partisan, c'est un moment patriotique. »
Sept sièges arrachés au Sénat, du Texas au Maine
Au Sénat, CBS News a projeté une majorité démocrate vers 23 h 30, heure de l'Est. Selon NBC News, les démocrates ont arraché sept sièges aux républicains. La Caroline du Nord a basculé la première, avec Roy Cooper face à Michael Whatley. En Caroline du Sud, Annie Andrews devient la première démocrate élue sénatrice de l'État depuis 1998.
Les victoires les plus inattendues viennent de bastions républicains. Au Texas, James Talarico bat Ken Paxton et devient le premier démocrate élu sénateur de l'État depuis 1988. Au Kansas, le pasteur Adam Hamilton bat Roger Marshall, une première depuis 1932. Sherrod Brown reprend un siège dans l'Ohio, l'ancien athlète paralympique Josh Turek s'impose dans l'Iowa, et dans le Maine, Susan Collins a reconnu sa défaite face à Troy Jackson.
Les démocrates gagnent aussi des postes de gouverneur. Au Texas, Gina Hinojosa bat le sortant Greg Abbott, une première pour son parti depuis 1990, tandis qu'Amy Acton l'emporte sur Vivek Ramaswamy dans l'Ohio. Le Michigan, le Mississippi et l'Alaska restaient indécis au Sénat ; dans le Mississippi, Scott Colom devançait Cindy Hyde-Smith de 28 voix à 97 % du dépouillement. « Contre toute attente, nous, démocrates, avons gagné le Sénat », s'est félicité Chuck Schumer.
Trump à 38 % et la guerre en Iran mise en cause
Le sondage de sortie des urnes cité par CBS News donne à Donald Trump 38 % d'opinions favorables, le plus bas niveau pour un président lors d'élections de mi-mandat. C'est moins que lors de son premier mandat, et moins que George W. Bush en 2006, quand son parti avait perdu les deux chambres. Environ six électeurs sur dix disent que le président a pesé dans leur vote.
Donald Trump a d'abord écrit sur Truth Social : « Je n'étais pas sur le bulletin, et si je l'avais été, nous aurions gagné par un raz-de-marée ! » Sur Fox News, il s'est dit « un peu surpris » et a imputé la défaite « en partie » à la guerre en Iran, selon franceinfo. Le Sénat sortant, à majorité républicaine, avait refusé de limiter les pouvoirs de Trump sur l'Iran. Selon le sondage de sortie des urnes cité par NBC News, 50 % des électeurs jugent le soutien américain à Israël trop fort.
Le président a félicité les démocrates et dit vouloir « travailler avec vous pour le bien de notre pays », tout en évoquant son droit de veto. franceinfo soulignait avant le vote que perdre la majorité dans l'une des deux chambres lui mettrait « un coup de frein » pour ses deux dernières années de mandat. Barack Obama y voit un « message clair » envoyé par le peuple américain.