Incendies Pyrénées-Orientales : la 3e étape du Tour adaptée sans public
Un violent incendie qui ravage depuis samedi 4 juillet le massif des Aspres, dans les Pyrénées-Orientales, contraint les organisateurs du Tour de France à bouleverser la 3e étape. L'arrivée aux Angles, prévue ce lundi 6 juillet en fin d'après-midi, se déroulera « sans public » et « sans caravane publicitaire » sur le territoire français, sur décision de la préfecture. Un dispositif inédit pour préserver les moyens de secours mobilisés contre un feu hors norme.
Le sinistre s'est déclaré samedi 4 juillet à 19h31 sur la commune de Trévillach, dans un massif escarpé et difficile d'accès situé au nord-ouest de Perpignan. Attisées par un vent soutenu et une végétation desséchée par des semaines de sécheresse, les flammes ont progressé à une vitesse fulgurante, sautant d'une crête à l'autre. Dimanche à 15 heures, le feu avait déjà parcouru 1 650 hectares, avant d'atteindre près de 4 500 hectares dans la nuit de dimanche à lundi, selon le dernier point de situation communiqué par les services de l'État. Il s'agit de l'un des plus importants feux de forêt de la saison estivale dans le sud de la France.
Face à l'ampleur du brasier, les autorités ont ordonné des évacuations massives. Environ 5 000 habitants répartis sur une vingtaine de communes et de hameaux ont dû quitter leur domicile dans l'urgence, tandis que jusqu'à 10 000 personnes étaient concernées par des mesures de mise à l'abri dans le massif des Aspres et le secteur d'Ille-sur-Têt. Des centres d'accueil ont été ouverts pour héberger les populations déplacées. L'autoroute A9, axe majeur du sud de la France, a par ailleurs été fermée par précaution, perturbant fortement la circulation en pleine période estivale.
Un dispositif de lutte hors du commun
La mobilisation des secours est à la mesure de la catastrophe. Près de 700 sapeurs-pompiers, appuyés par quelque 200 véhicules, ont été déployés sur un front de feu estimé à 18 kilomètres. Les moyens aériens ont été engagés dès les premières heures pour tenter de fixer les flancs les plus menaçants du sinistre. Malgré cette débauche de moyens, le bilan humain s'est alourdi : deux personnes, un sapeur-pompier et un habitant, ont été gravement blessées et placées en urgence absolue.
La préfecture des Pyrénées-Orientales a rappelé avec fermeté les consignes de sécurité et l'interdiction stricte de tout emploi du feu dans les massifs. Les conditions météorologiques, marquées par une chaleur intense et un vent soutenu, laissaient craindre une reprise du sinistre à tout moment. Les habitants des zones concernées ont été appelés à la plus grande vigilance et à respecter scrupuleusement les ordres d'évacuation. Ce type de feu de forêt reste l'un des plus redoutés de l'été méditerranéen, comme l'a récemment illustré l'incendie géant qui a frappé les quartiers Nord de Marseille.
Le Tour de France maintenu mais profondément adapté
Dans ce contexte dramatique, la question du maintien de la 3e étape s'est rapidement posée. Le tracé, qui doit relier Granollers, en Espagne, jusqu'à la station des Angles, passe en effet à quelques dizaines de kilomètres seulement de la zone incendiée. Après concertation avec Amaury Sport Organisation, le préfet a finalement choisi de maintenir l'étape, tout en réduisant au strict minimum son empreinte sur le territoire français afin de ne pas détourner les moyens de secours engagés sur le feu.
Concrètement, le dispositif français sera « limité au passage des seuls coureurs et des véhicules indispensables à l'organisation de l'épreuve ». La caravane publicitaire, habituellement très attendue du public le long des routes, ne circulera pas sur la portion française du parcours. L'arrivée aux Angles, attendue vers 17 heures, se fera ainsi dans une ambiance inédite, sans les milliers de spectateurs qui bordent habituellement les derniers hectomètres d'une étape de montagne.
Cette adaptation rappelle à quel point la Grande Boucle reste tributaire des aléas climatiques et sécuritaires des régions qu'elle traverse. L'épreuve, qui multiplie les incursions au-delà des frontières, avait déjà connu des configurations exceptionnelles par le passé, à l'image du grand départ du Tour de France 2013 depuis la Corse. Pour les organisateurs comme pour les autorités locales, la priorité absolue demeure désormais la maîtrise d'un incendie qui n'était toujours pas fixé lundi matin, alors que les prévisions météorologiques laissaient craindre de nouvelles difficultés dans les heures à venir.