Réserves de change en 2025 : où se situe la Tunisie parmi les pays arabes ?
Alors que la Tunisie poursuit sa stabilisation économique, ses réserves de change de 9,34 milliards de dollars la placent au 81e rang mondial, loin derrière les géants pétroliers arabes. Cette position révèle les défis structurels d'une économie diversifiée face aux puissances énergétiques de la région, mais aussi les progrès réalisés dans la gestion de ses ressources financières internationales.
En matière de réserves de change en 2025, le monde arabe présente un contraste frappant entre les géants pétroliers et les économies diversifiées. L'Arabie Saoudite domine largement avec environ 464 milliards de dollars de réserves de change, positionnant le royaume à la septième place mondiale. Cette accumulation massive reflète la stabilité des exportations pétrolières saoudiennes et une gestion monétaire conservatrice depuis des décennies.
Les Émirats Arabes Unis suivent avec environ 238 milliards de dollars, grâce à leur stratégie de diversification économique au-delà du secteur pétrolier. L'Iraq, malgré les défis politiques, maintient plus de 100 milliards de dollars en réserves de change, principalement générées par les revenus du pétrole. La Libye et l'Algérie complètent le peloton des pays arabes avec respectivement 92,9 milliards et 83 milliards de dollars.
La Tunisie face aux géants économiques arabes : un positionnement fragile
La position de la Tunisie dans ce classement de réserves de change parmi les pays arabes illustre les enjeux d'une économie émergente non pétrolière. Avec 9,34 milliards de dollars, la Tunisie se situe bien loin des puissances économiques arabes dominantes, mais elle maintient néanmoins un niveau de réserves de change considéré comme adéquat pour couvrir approximativement 107 jours d'importations.
Cette capacité de réserves de change représente un amortisseur crucial contre les chocs externes et les fluctuations monétaires. Les analystes de l'économie tunisienne soulignent que la gestion prudente des réserves de change en Tunisie est devenue stratégique depuis la rupture avec le Fonds Monétaire International en 2025. Sans l'appui traditionnel du FMI, la Tunisie doit compter davantage sur ses réserves de change pour financer ses besoins extérieurs et maintenir la stabilité de sa monnaie.
Le secteur touristique tunisien et les remises de la diaspora jouent désormais un rôle crucial dans la reconstitution des réserves de change. En 2025, les rentrées touristiques et les transferts de fonds depuis l'étranger ont contribué significativement à l'augmentation des réserves de change tunisiennes, démontrant la vulnérabilité d'une économie dépendante de ces sources volatiles de devises étrangères.
Les défis de la stabilité monétaire et de la politique économique
Depuis la révolution de 2011, le dinar tunisien a perdu plus de 52 pour cent de sa valeur face au dollar américain. Cette dépréciation prolongée reflète les pressions inflationnistes et les déficits budgétaires chroniques qui ont affecté l'économie tunisienne. Les recommandations du Fonds Monétaire International ont guidé plusieurs réformes du régime de change, mais les résultats restent mitigés.
L'inflation en Tunisie, bien qu'en baisse vers 5,6 pour cent en 2025 (le plus bas niveau depuis 2021), continue d'éroder le pouvoir d'achat des citoyens et de peser sur les réserves de change. La Banque Centrale de Tunisie doit constamment naviguer entre la nécessité de soutenir les réserves de change et celle de stimuler la croissance économique, un équilibre délicat dans un contexte de stabilité macroéconomique.
Les politiques de financement domestique et les nouvelles lois de finances mises en place en 2025 visent à réduire la dépendance extérieure, mais elles imposent aussi des défis aux ménages et aux entreprises tunisiennes. La gestion des réserves de change est devenue centrale à la stratégie de développement économique du pays, car elle conditionne à la fois la capacité à financer les importations essentielles et à attirer les investissements étrangers directs nécessaires à la croissance à long terme.