Alger: quand Lonely Planet redécouvre la capitale algérienne
Le célèbre guide de voyage a classé Alger parmi les destinations méditerranéennes à explorer en 2026. Une reconnaissance symbolique pour une ville longtemps absente des circuits internationaux, mais qui séduit aujourd’hui par son authenticité, son patrimoine et une effervescence nouvelle.
"Entre mer et collines, Alger se réveille doucement de son long sommeil touristique." C’est ainsi que commence le portrait qu’en fait Lonely Planet, dans son édition annuelle des destinations “hors des sentiers battus” à découvrir cette année. Le guide australien, référence mondiale du voyage indépendant, cite la capitale algérienne aux côtés de villes comme Bari, Marseille ou Thessalonique. Une première depuis plus de vingt ans.
Pour beaucoup, cette distinction a valeur de symbole. "Cela signifie que le regard international sur l’Algérie change", estime Yasmine, architecte et passionnée d’histoire urbaine. Longtemps marginalisée par les circuits touristiques classiques, Alger revient aujourd’hui dans le champ de la curiosité mondiale. Ses façades blanches, sa Casbah classée à l’UNESCO, et son front de mer au charme intact rappellent à certains la Méditerranée d’avant la surenchère balnéaire.
"Alger n’est pas une carte postale figée, c’est une ville qui bouge, qui cherche son équilibre entre mémoire et modernité." Ces mots résument la dynamique actuelle : rénovation du front de mer, ouverture de nouveaux cafés culturels, retour progressif des visiteurs étrangers, souvent venus de France ou d’Espagne. La Casbah, longtemps en péril, connaît un vaste programme de restauration, tandis que la baie retrouve peu à peu son éclat grâce à des initiatives locales.
Une capitale entre mémoire et modernité
Mais au-delà des façades, c’est aussi une identité méditerranéenne que la capitale revendique. "On sent ici un désir de réintégrer la Méditerranée par la culture et la jeunesse", note un journaliste algérien. Festivals de cinéma, expositions contemporaines, circuits gastronomiques… Alger se raconte désormais à travers des projets portés par ses habitants.
Cette redécouverte s’inscrit dans un mouvement plus large de réémergence des destinations du Sud méditerranéen. Après les crises politiques et sanitaires, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc cherchent à redéfinir leur place dans la carte touristique régionale. C’est aussi une manière de reprendre la parole dans un espace souvent dominé par les capitales européennes.
"L’avenir du tourisme méditerranéen se jouera aussi sur sa rive sud", soulignent plusieurs experts, évoquant les enjeux économiques, mais aussi environnementaux, liés à un tourisme plus responsable. Dans ce contexte, la mention d’Alger par Lonely Planet agit comme un signal fort — celui d’un pays prêt à s’ouvrir autrement, sans renier son authenticité.
Cette ouverture n’est pas sans défis. L’infrastructure hôtelière reste limitée, les liaisons aériennes encore coûteuses, et les procédures de visa parfois dissuasives. Mais la tendance est amorcée : de jeunes entrepreneurs algériens misent sur des circuits écologiques, des randonnées urbaines, ou des expériences culinaires locales. "Les visiteurs viennent pour comprendre, pas seulement pour consommer", glisse Hafid, guide indépendant.