Retrait au distributeur : pourquoi il faut éviter le dimanche et le lundi
La police nationale tire la sonnette d'alarme face à une recrudescence des arnaques aux distributeurs automatiques de billets. Si retirer de l'argent liquide semble anodin, le choix du jour peut s'avérer déterminant. Les forces de l'ordre recommandent d'éviter les retraits le dimanche et le lundi, deux jours particulièrement prisés par les escrocs. Explications.
C'est un conseil que beaucoup ignorent, et pourtant il pourrait leur éviter bien des déconvenues. Selon les autorités, les dimanches et les lundis sont les jours les plus à risque pour effectuer un retrait au distributeur automatique de billets (DAB). La raison est simple : la grande majorité des agences bancaires sont fermées ces jours-là. Les escrocs le savent et en profitent largement.
Concrètement, si une fraude survient le dimanche, la victime ne pourra pas se rendre dans sa banque pour signaler l'incident. Le dépôt de plainte et la mise en opposition de la carte sont ainsi retardés d'au moins 24 à 48 heures. Un délai précieux pour les malfaiteurs, qui disposent d'un créneau suffisant pour vider les comptes de leurs victimes en multipliant les achats et les retraits.
L'arnaque au « billet magique », un fléau en pleine expansion
Parmi les techniques les plus répandues, l'arnaque dite du « billet magique » connaît une recrudescence inquiétante. Le mode opératoire est bien rodé : un individu s'approche d'un usager devant un distributeur et l'informe que la machine est en panne. Il lui propose alors de tenter l'opération à sa place, observant discrètement le code confidentiel tapé par la victime.
L'escroc provoque ensuite un blocage volontaire du distributeur, puis prétexte une manipulation pour débloquer l'appareil. Pendant ce temps, il échange subtilement la carte bancaire de la victime contre une fausse. « Les personnes âgées et les publics fragiles sont les cibles privilégiées de ce type d'escroquerie », alertent les forces de l'ordre. Une fois la carte en main, le malfaiteur dispose de plusieurs heures pour effectuer des achats dans divers commerces et restaurants avant que l'alerte ne soit donnée.
Autre technique redoutée : le skimming. Cette méthode consiste à installer un lecteur frauduleux sur la fente d'insertion du distributeur, capable de copier les données de la bande magnétique. Un faux clavier ou une micro-caméra complète le dispositif pour capter le code PIN. Selon le Crédit Mutuel, ces installations sont plus fréquentes sur les DAB isolés, en extérieur ou dans les galeries marchandes, et sont d'autant plus difficiles à repérer le week-end lorsque la surveillance est réduite.
Les bons réflexes pour se protéger
Face à cette menace, les autorités et les établissements bancaires multiplient les recommandations. La première : privilégier les retraits en semaine, du mardi au samedi matin, lorsque les agences sont ouvertes et qu'une intervention rapide est possible en cas de problème. « Si vous le pouvez, retirez de l'argent de préférence en semaine, quand vous pouvez aisément aller chercher de l'aide dans une agence », conseille le Crédit Mutuel sur son site.
Les experts recommandent également de favoriser les distributeurs situés à l'intérieur des agences bancaires, mieux surveillés que ceux installés en extérieur. Il est essentiel de toujours masquer le clavier avec sa main libre lors de la saisie du code, même en l'absence apparente de témoins. Cette précaution protège à la fois des regards indiscrets et des éventuelles caméras cachées installées par les fraudeurs.
Si une personne tente de vous aborder ou de détourner votre attention pendant une opération, les autorités sont catégoriques : il faut ignorer cette personne et, en cas de doute, annuler immédiatement la transaction. Si votre carte est avalée par le distributeur, ne quittez jamais les lieux. Contactez sans attendre le service d'opposition de votre banque, joignable 24 heures sur 24.
En cas de fraude avérée, il faut savoir que la loi protège les consommateurs. Les banques sont tenues de rembourser les opérations non autorisées, à condition que la victime n'ait pas commis de négligence grave dans la conservation de ses données bancaires. Un dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie reste toutefois indispensable pour enclencher la procédure.