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Sommet IA de New Delhi : Macron défie Trump sur la régulation et la protection des enfants

Au sommet mondial sur l'intelligence artificielle qui s'est ouvert ce mercredi 19 février à New Delhi, Emmanuel Macron a lancé un plaidoyer offensif en faveur d'une régulation internationale de l'IA et d'une protection accrue des mineurs sur les réseaux sociaux. Des positions qui le placent en opposition directe avec l'administration Trump, fermement hostile à toute contrainte réglementaire sur les géants technologiques américains.

Le président français n'a pas mâché ses mots devant les délégués du sommet indien, en présence de plusieurs milliardaires de la tech américaine. « Protéger les enfants, ce n'est pas de la régulation, c'est de la civilisation », a-t-il déclaré, appelant à une interdiction mondiale des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Un message adressé autant à ses partenaires internationaux qu'à Washington, où la Maison-Blanche continue de défendre une approche non interventionniste.

La veille, Sriram Krishnan, conseiller principal de Donald Trump pour l'intelligence artificielle, avait vivement critiqué l'AI Act européen, affirmant qu'il n'était « pas propice à l'innovation ». Une attaque frontale contre le cadre réglementaire que l'Union européenne a mis des années à bâtir, et que Macron a tenu à défendre avec vigueur.

« Contrairement à ce que certains amis mal informés ont pu dire, l'Europe ne se concentre pas aveuglément sur la régulation. L'Europe est un espace d'innovation et d'investissement, mais c'est un espace sûr. Et les espaces sûrs l'emportent à long terme », a rétorqué le chef de l'État français, dans une pique à peine voilée à l'adresse de l'administration américaine.

La France en fer de lance de la protection des mineurs

Sur le terrain domestique, Emmanuel Macron a déjà engagé une offensive législative sans précédent. L'Assemblée nationale a approuvé fin janvier une proposition de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, avec un système de vérification d'âge garantissant « zéro conservation des données personnelles » et la préservation de l'anonymat. Si le texte est définitivement adopté, la mesure entrerait en vigueur dès septembre 2026.

Mais le président ne s'arrête pas là. Lors d'un entretien accordé début février, il a esquissé de nouvelles pistes : études sur les dangers des jeux vidéo pour la santé mentale des jeunes, recherches sur les effets des chatbots IA sur les adolescents, et obligation de marquage pour tout contenu généré par intelligence artificielle. « Quand un contenu est réalisé avec l'IA, il faut qu'il y ait écrit en bas : fait avec l'IA », a-t-il insisté.

Le scandale Grok, l'intelligence artificielle du réseau social X d'Elon Musk, accusée d'avoir été utilisée pour générer des images sexualisées de mineurs, a renforcé l'urgence de ces mesures. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a d'ailleurs appuyé cette position en déclarant au sommet : « Aucun enfant ne devrait être un cobaye pour une IA non régulée. »

Une bataille diplomatique au G7 et au-delà

La France, qui assure la présidence tournante du G7 en 2026, entend placer la protection des enfants sur les plateformes numériques au cœur de l'agenda du prochain sommet. Emmanuel Macron a directement interpellé le Premier ministre indien Narendra Modi, l'invitant à « rejoindre le club » des pays qui régulent l'accès des mineurs aux réseaux sociaux, à l'image de l'Australie qui a déjà interdit ces plateformes aux moins de 16 ans.

L'Espagne envisage des mesures comparables, et le ministre indien des Technologies de l'information a confirmé que New Delhi étudiait des restrictions similaires. Une coalition internationale semble se dessiner, malgré les réticences de certains partenaires européens moins enthousiastes que Paris.

La confrontation entre la vision régulatrice européenne et le libéralisme technologique américain promet de structurer les débats internationaux sur l'IA dans les mois à venir. Entre le Digital Services Act européen et le refus de Washington d'encadrer ses champions de la tech, deux modèles s'affrontent. Emmanuel Macron, en première ligne, parie sur le fait que la sécurité finira par primer sur la dérégulation.

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