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Affaire Lyhanna : le père du suspect visé par une plainte pour viols en 2013

Alors que l'affaire Lyhanna continue de provoquer une vive émotion en France, une nouvelle révélation vient alourdir le dossier de la famille Barella. Joël Barella, père du principal suspect Jérôme Barella, mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre de la petite Lyhanna âgée de 11 ans, avait lui-même été visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles sur mineure en 2013. Il avait finalement bénéficié d'un non-lieu en 2021, après des années d'instruction judiciaire au tribunal de Montpellier, dans l'Hérault.

L'information a été révélée ce mardi 10 juin 2026 par France Télévisions de source judiciaire, et confirmée peu après par RTL. La plainte avait été déposée par la petite-fille de l'épouse de Joël Barella, née en 2000, qui accusait son grand-père de faits de viols et d'agressions sexuelles commis entre 2010 et 2013, alors qu'elle était âgée de 10 à 13 ans. Des accusations graves qui avaient conduit à l'ouverture d'une information judiciaire, mais n'avaient finalement pas abouti à des poursuites pénales contre lui.

Joël Barella avait été placé en garde à vue à la suite de ces accusations. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte en 2015 au tribunal de Montpellier (Hérault). Durant cette procédure, il avait été placé sous le statut de témoin assisté, une mesure qui lui permettait de ne pas être formellement mis en examen tout en étant entendu dans le cadre de l'instruction. Le juge d'instruction avait finalement rendu un non-lieu en 2021, considérant qu'il n'existait pas de charges suffisantes pour renvoyer Joël Barella devant une juridiction de jugement.

Une procédure définitivement close depuis avril 2022

Face à cette décision, la plaignante avait d'abord choisi de faire appel du non-lieu. Mais elle s'était finalement désistée de son recours, rendant la décision définitive. Selon le parquet de Montpellier, la procédure est définitivement close depuis le 7 avril 2022. Elle ne pourrait être rouverte que si la jeune femme, aujourd'hui âgée de 26 ans, ou une autre victime potentielle apportaient de nouveaux éléments permettant de relancer l'enquête contre Joël Barella.

Cette révélation intervient dans un contexte de stupeur nationale, alors que l'affaire Lyhanna a profondément bouleversé l'opinion publique française. La petite fille de 11 ans avait disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers, à sa sortie de l'école. Jérôme Barella, 41 ans, avait rapidement été identifié comme suspect principal grâce aux images de vidéosurveillance, qui le montraient au volant d'un véhicule dans lequel Lyhanna avait été vue pour la dernière fois. Il avait été mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans, puis placé en détention provisoire.

Le 4 juin 2026, des enquêteurs avaient découvert un corps dans un silo agricole que Jérôme Barella connaissait bien selon les investigations. Le lendemain, le parquet avait confirmé que les analyses génétiques avaient permis d'identifier ce corps comme étant celui de Lyhanna. Une issue tragique qui avait provoqué une onde de choc dans tout le pays, ravivant le débat sur la protection des enfants et sur le suivi judiciaire des individus signalés comme dangereux pour les mineurs.

Une famille marquée par de multiples accusations de violences

L'affaire Lyhanna a mis en lumière un contexte familial particulièrement lourd d'accusations. Jérôme Barella avait lui-même fait l'objet d'au moins deux signalements administratifs et de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineurs entre 2017 et le moment de la disparition de Lyhanna. Pourtant, malgré ces alertes répétées, il n'avait jamais été entendu par les autorités judiciaires. En février 2026, le procureur d'Auch avait même demandé à la gendarmerie de le placer en garde à vue, une démarche qui n'avait finalement pas été suivie d'effet, laissant le suspect en liberté.

Plus récemment, le frère de Jérôme Barella a également été placé en garde à vue. Selon les informations de franceinfo, il est soupçonné de viol sur mineur de plus de 15 ans et de viol par conjoint. Ces éléments jettent une lumière particulièrement troublante sur un environnement familial marqué par des comportements violents répétés, et alimentent les interrogations sur les failles profondes du système judiciaire et social dans le traitement de ces dossiers sensibles impliquant des mineurs.

L'affaire Lyhanna s'inscrit dans une série tragique de crimes contre des enfants qui ont frappé la France ces dernières années. Elle rappelle notamment le meurtre de la petite Louise, dont l'ADN du principal suspect avait été retrouvé sur les mains de l'enfant. Ces drames répétés posent avec une acuité croissante la question de la prévention et de la surveillance effective des individus représentant un danger pour les mineurs, ainsi que de la coordination entre services sociaux et justice.

Dans cette affaire, c'est le signalement d'un simple promeneur qui avait conduit les gendarmes jusqu'au corps de Lyhanna, retrouvé dans un silo agricole. Le directeur général de la gendarmerie nationale avait lui-même reconnu que « cette affaire est un échec pour nous », admettant publiquement que les signalements concernant Jérôme Barella n'avaient pas été traités avec la diligence requise. Des voix s'élèvent depuis lors pour réclamer une refonte en profondeur des procédures de suivi des individus dangereux pour les mineurs.

Tandis que l'instruction judiciaire se poursuit concernant Jérôme Barella, la révélation du passé judiciaire de son père ne peut qu'accentuer le sentiment d'une chaîne de défaillances institutionnelles. Les avocats de la partie civile examineront si ces éléments ont une pertinence dans le dossier principal, même si la procédure contre Joël Barella est définitivement close depuis 2022. La famille de Lyhanna, elle, attend toujours que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort de leur enfant, et que justice soit pleinement rendue.

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