L’armée turque lance une offensive contre le Kurdistan syrien

Le président turc Recep Tayyip Erdogan passe aux actes après les menaces de ces derniers jours. Il annonce mercredi 9 octobre une offensive militaire dans le nord-est du pays, sous contrôle kurde. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence jeudi 10 octobre.

L’attaque des Kurdes a lieu dans la foulée des réactions pour le moins rocambolesques de Donald Trump.

La Turquie « paiera un prix économique fort » si son offensive en Syrie est « injuste », avait-il réagi mercredi, tout en espérant que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, agira de manière «rationnelle». Le président américain avait auparavant ordonné le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie, du pain béni pour Erdogan.

Ce dernier ne semble pas craindre les réactions des Parlementaires américains qui promettent de faire « payer très cher » à la Turquie son offensive. Il serait question de geler des avoirs aux Etats-Unis des plus hauts dirigeants turcs, y compris du président Erdogan, de restreindre à l’octroi de visas américains; de mettre en place un embargo sur les ventes d’armes américaines et étrangères à Ankara;  de prendre des mesures punitives contre le secteur énergétique turc; et d'appliquer sans délai des sanctions liées à l’achat des missiles russes S-400, rapporte l’AFP.

Erdogan menace « d’ouvrir les portes de l'Europe » aux réfugiés

L’objectif de l’opération turque serait la création d’une « zone de sécurité » destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés. Le ministère de la défense turc a assuré que tout était fait pour éviter les pertes civiles, selon l'AFP.

Plusieurs pays, notamment européens, condamnent l’offensive turque. Tous avancent l’argument d’une résurgence de l’Etat islamique.

Erdogan menace pour sa part d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes

« Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants », déclare-t-il lors d'un discours à Ankara.

La Turquie accueille 3.6 millions de réfugiés syriens sur son sol. Le flux de migrants depuis la Turquie vers l'Europe s'est considérablement tari à la faveur d'un accord conclu en 2016 entre Ankara et l'UE.

L’attaque a fait ses premières victimes civiles. Des bombardements sur des régions voisines de la Turquie ont fait Mercredi quinze morts, dont huit civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Alliées aux Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation « terroriste », pour leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370 000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

(Avec AFP) Photo: (DR)